Tarifs des taxis : la mairie de Ntoum agit, Libreville reste passive
En décidant d’encadrer officiellement les tarifs des taxis et des transports clandestins entre le PK12 et Bikélé, la mairie du troisième arrondissement de Ntoum vient de s’attaquer à l’un des postes de dépense les plus lourds pour les ménages. Une initiative qui contraste avec le silence observé à Libreville, Owendo et Akanda, où le phénomène du « saucissonnage » des trajets continue de grever le pouvoir d’achat des populations.
C’est parfois dans les décisions les plus simples que se cachent les réponses les plus efficaces aux préoccupations quotidiennes des citoyens. En publiant une nouvelle grille tarifaire applicable aux taxis et aux « clandos » desservant l’axe PK12-Bikélé, le maire du troisième arrondissement de Ntoum, Jonas Gabriel Ngoua, vient de poser un acte concret en faveur du pouvoir d’achat des populations.
Une mesure qui soulage directement les ménages
Pendant des années, les usagers ont été contraints de subir une pratique devenue presque normale : le fractionnement artificiel des trajets. Pour parcourir quelques kilomètres, les passagers devaient souvent changer plusieurs fois de véhicule et payer autant de fois leur transport. Une réalité qui, à l’échelle d’un mois, représente plusieurs dizaines de milliers de francs CFA pour certaines familles.
La note circulaire du 9 juin fixe désormais des tarifs clairs et opposables aux transporteurs. Mieux encore, elle prévoit des sanctions contre les contrevenants. Une décision qui participe directement à la lutte contre la vie chère sans nécessiter de subventions publiques ni de dépenses budgétaires importantes. Car réduire le coût du transport, c’est aussi réduire le coût de la vie. C’est permettre aux travailleurs, aux élèves, aux commerçants et aux ménages de conserver une partie de leurs revenus pour d’autres dépenses essentielles.
Eugène M’Ba interpellé sur son silence
Cette initiative soulève cependant une question : pourquoi une telle mesure n’existe-t-elle toujours pas à Libreville ? Chaque jour, des centaines de milliers d’usagers de la capitale subissent les mêmes abus tarifaires. Du PK5 à Nzeng-Ayong, d’Akébé à Charbonnages ou encore de Rio à Mindoubé, le « saucissonnage » des courses est devenu un véritable modèle économique pour certains transporteurs.
Pourtant, ni la mairie de Libreville dirigée par Eugène M’Ba, ni celles d’Owendo ou d’Akanda ne semblent avoir fait de cette question une priorité. Un silence difficile à comprendre au moment où les autorités nationales multiplient les annonces pour améliorer le quotidien des Gabonais.
À Ntoum, une mairie vient de démontrer qu’il est possible d’agir. Reste désormais à savoir si les autres collectivités du Grand Libreville auront le courage de suivre cet exemple. Car la lutte contre la vie chère ne se gagne pas uniquement dans les ministères. Elle se joue aussi dans les taxis que prennent chaque jour les Gabonaises et les Gabonais.










GMT TV