Gabon : Le SYNAMAG dénonce le «code d’honneur» de l’impunité des forces de l’ordre à Mouila
Dans un communiqué officiel daté du 11 juillet 2026, le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG) a exprimé sa « vive préoccupation » face à de graves dérives constatées à la prison centrale de Mouila. À l’origine de ce courroux, l’interpellation d’un détenu en possession de cannabis qui a dénoncé un agent de la sécurité pénitentiaire comme son fournisseur. Mandaté pour faire la lumière sur cette affaire, l’Office Central Anti-Drogue (OCAD) a refusé d’auditionner le suspect, invoquant un prétendu « code d’honneur » corporatiste.
Pour les magistrats, ce refus d’obtempérer marque un point de non-retour. Le syndicat qualifie ce renoncement d’« entrave caractérisée à l’action de la justice pénale et à une rupture manifeste du principe d’égalité de tous devant la loi ». Selon l’organisation, cet incident met en lumière « l’ampleur du mal » : ce qui ressemblait autrefois à des actes isolés d’insubordination s’avère être « l’expression d’un corporatisme structurel, capable de contaminer jusqu’aux organes mêmes de contrôle ». Le SYNAMAG rappelle fermement qu’un tel code professionnel « ne saurait en aucun cas primer sur la loi pénale ».
Le bilan du ministre de la Justice pointé du doigt
Au-delà de l’incident de Mouila, le SYNAMAG dresse un réquisitoire particulièrement sévère contre le Garde des Sceaux. Loin de ramener l’ordre, l’action ministérielle aurait « contribué à attiser un phénomène qu’elle avait pourtant la charge d’éteindre ». Le syndicat fustige une politique court-termiste, dénonçant « une succession d’échecs matérialisés par des réponses de façade à des problèmes structurels ».
Parmi les griefs énumérés figurent l’insécurité croissante des tribunaux, le blocage des décrets d’application du statut des magistrats et le fiasco de la libération de 274 prisonniers, dont plusieurs purgaient pourtant régulièrement leur peine. Selon le syndicat, le ministre s’est montré « obnubilé par le dividende politico-médiatique de son action » au détriment du fond.
Un appel pressant au chef de l’État
Face à ce climat de défiance généralisée où les forces de l’ordre « défient publiquement la justice », le SYNAMAG se tourne désormais vers le sommet de l’État. Rappelant que la patience des magistrats « a atteint ses limites » après quinze mois d’attente vaine, le président du syndicat, Landry Abaga Essono, lance un ultime appel au Président de la République afin « qu’il prenne ses responsabilités ». Le bras de fer est officiellement engagé pour préserver l’indépendance de la justice gabonaise.









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