Livraison d’eau par camion-citerne : l’État allège les taxes, mais serre la vis aux opérateurs
Face à la crise hydrique et aux abus constatés dans la distribution d’eau par camion-citerne, le ministère de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie annonce deux mesures majeures : l’exonération de certaines taxes pour stabiliser les prix et l’homologation obligatoire des opérateurs auprès de la Direction générale de l’Eau.
Dans un contexte où de nombreux ménages dépendent désormais des camions-citernes pour accéder à l’eau potable, l’État tente de reprendre la main sur un secteur devenu sensible. Entre flambée des prix, pratiques informelles et risques sanitaires, la livraison d’eau est progressivement passée d’un service d’appoint à une nécessité quotidienne pour plusieurs quartiers.
Moins de taxes pour éviter la hausse des prix
La première mesure concerne l’exonération totale des taxes habituellement prélevées par les mairies, les services des Transports et ceux du Commerce sur les opérateurs de livraison d’eau. L’objectif affiché est clair : réduire les charges des transporteurs afin d’éviter que la nouvelle grille tarifaire ne soit contournée ou répercutée abusivement sur les ménages.
En supprimant ces prélèvements, le gouvernement espère stabiliser les prix et rendre le service plus accessible aux populations déjà durement éprouvées par les pénuries.
Une homologation obligatoire pour remettre de l’ordre
Mais cet allègement fiscal n’est pas un chèque en blanc. En contrepartie, les opérateurs devront obligatoirement se faire homologuer auprès de la Direction générale de l’Eau. Cette procédure vise à contrôler les camions, les cuves, les conditions de transport, la qualité de l’eau distribuée et le respect des normes sanitaires. Une exigence indispensable dans un secteur où les abus tarifaires et les pratiques illégales ont prospéré à la faveur de la crise. Sur le papier, la mesure paraît équilibrée : moins de charges pour les transporteurs, plus de contrôle pour l’État et une meilleure protection du consommateur.
Reste désormais à vérifier son application sur le terrain. Car au Gabon, les bonnes décisions administratives échouent souvent dans leur exécution. Si les contrôles sont faibles, l’exonération profitera aux opérateurs sans bénéfice réel pour les ménages. L’enjeu est donc simple : faire en sorte que l’allègement fiscal se traduise effectivement par des prix stables, une eau contrôlée et un service plus transparent.










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