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Lutte contre la corruption : le Gabon face à l’évaluation de l’ONU sur la transparence et le recouvrement des avoirs

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Du 29 juin au 1er juillet 2026, le Gabon accueillera à Libreville une mission internationale d’évaluation dans le cadre du deuxième cycle d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Un rendez-vous stratégique qui permettra aux experts de l’ONU, du Tchad et de la Libye d’apprécier les progrès réalisés par le pays en matière de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs illicites.

Après plusieurs années de réformes institutionnelles et de renforcement des mécanismes de contrôle de l’action publique, le Gabon s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son engagement contre la corruption. La Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI) a annoncé la tenue, du 29 juin au 1er juillet 2026 à Libreville, de la phase dite de « visite-pays » du deuxième cycle du mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

Cette mission internationale réunira des experts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), de la République du Tchad et de l’État de Libye, pays désignés pour évaluer la mise en œuvre par le Gabon des dispositions de la convention relatives aux mesures préventives et au recouvrement des avoirs.

Une évaluation internationale aux enjeux stratégiques

Adhérent à la Convention des Nations Unies contre la corruption depuis le 1er octobre 2007, le Gabon participe activement au mécanisme d’examen mis en place par les États parties afin d’évaluer les progrès accomplis dans la lutte contre la corruption. Après un premier cycle consacré à l’incrimination des infractions et à la coopération internationale, le second cycle porte principalement sur deux volets sensibles : la prévention de la corruption et la récupération des biens issus d’activités illicites.

Les travaux prévus à l’Hôtel Boulevard de Libreville permettront aux examinateurs internationaux de passer au crible les dispositifs nationaux relatifs à la transparence de la gestion publique, aux marchés publics, aux déclarations de patrimoine, à la participation de la société civile, à la lutte contre le blanchiment d’argent ainsi qu’aux mécanismes de saisie et de restitution des avoirs détournés.

Plusieurs institutions mobilisées

Pour cette évaluation, l’ensemble des administrations concernées sera mis à contribution. Ministères, Parlement, Cour des comptes, Contrôle général d’État, ANIF, Douanes, ARMP, autorités judiciaires, forces de sécurité, organisations patronales et représentants de la société civile participeront aux différentes sessions de travail.

La coordination nationale du processus est assurée par la CNLCEI à travers son point focal auprès de l’ONUDC, Séraphin Ondoumba, commissaire-membre de l’institution. Selon la Commission, cette mission constitue une opportunité de mettre en lumière les avancées réalisées par le Gabon tout en identifiant les améliorations nécessaires pour renforcer davantage les mécanismes de gouvernance et de transparence.

Un test pour la gouvernance de la Ve République

Au-delà de son caractère technique, cette évaluation intervient dans un contexte où les questions de bonne gouvernance, de transparence des finances publiques et de lutte contre l’enrichissement illicite occupent une place centrale dans les attentes des citoyens. Les conclusions qui découleront de cet examen pourraient servir de feuille de route pour les prochaines réformes institutionnelles et administratives. Elles permettront également au Gabon de bénéficier d’un accompagnement technique renforcé et d’un partage d’expériences avec les autres États parties à la Convention.

À travers cette étape, Libreville entend démontrer sa volonté de consolider les principes de redevabilité, de transparence et de gestion rigoureuse des ressources publiques, des exigences désormais incontournables pour renforcer la confiance des citoyens, des partenaires internationaux et des investisseurs.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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