Gabon : le corridor de l’estuaire du Komo rouvre ses eaux à la pêche artisanale
Interdit à leur activité depuis 2015 en vertu d’une stricte réglementation, le corridor de l’estuaire du Komo, un espace stratégique de 177 km², est de nouveau accessible. Ce mercredi 17 juin 2026, au Centre d’Appui à la Pêche Artisanale de Libreville (CAPAL), le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue, Aimé Martial Massamba, a officiellement acté cette réouverture lors d’une cérémonie hautement symbolique.
Cette décision est l’aboutissement d’un dialogue constructif de plusieurs mois entre l’administration publique et vingt associations et coopératives de pêcheurs. Pour l’occasion, 202 cahiers des charges ont été distribués, octroyant à autant de pirogues le droit de relancer leurs filets dans la zone.
Présidant l’événement, Aimé Martial Massamba a exprimé sa vive satisfaction. « Cet acte traduit la volonté du Gouvernement de répondre aux attentes des acteurs du secteur tout en garantissant une gestion responsable et durable de nos ressources halieutiques », a-t-il indiqué. Les bénéficiaires disposent désormais d’un cadre d’exploitation clair, fixant les techniques autorisées et régulant la commercialisation.
Une gestion millimétrée des sorties en mer
Afin d’éviter toute surexploitation de ce précieux écosystème, l’accès au corridor fera l’objet d’un encadrement rigide. Les autorités ont en effet instauré un numerus clausus : l’accès journalier sera strictement plafonné à 40 pirogues.
Le ministre a solennellement insisté sur le respect mutuel des engagements liant désormais l’État et les travailleurs de la mer. « La remise des 202 cahiers des charges que nous effectuons aujourd’hui permettra à 202 pirogues d’exercer leurs activités dans le respect des règles définies d’un commun accord. Elle traduit un engagement partagé : celui de l’État qui ouvre cette zone à l’exploitation artisanale et celui des opérateurs qui s’engagent à pratiquer une pêche responsable », a déclaré Aimé Martial Massamba.
Vers une baisse des prix sur les marchés
Au-delà des bénéfices immédiats pour les communautés locales, cette relance vise un but macroéconomique : abonder durablement les étals du CAPAL et du marché national en poissons frais.
En concluant son discours par l’ouverture solennelle des accès, le ministre Massamba a rappelé l’horizon tracé par cette politique : « Cette mesure contribuera à renforcer l’approvisionnement du CAPAL et des marchés en produits halieutiques, tout en améliorant les conditions de vie des communautés de pêcheurs ». Le gouvernement réaffirme ainsi son ambition d’ancrer le pays vers une pêche artisanale modernisée, synonyme de sécurité alimentaire et de création de richesses.










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