Transparence : le Sénégal publie son rapport d’exécution budgétaire, le Gabon dans l’opacité

Le Sénégal confirme son engagement en faveur de la transparence budgétaire en publiant son Rapport trimestriel d’exécution du budget au 31 mars 2026, disponible sur la plateforme gouvernementale Vie Publique, où sont également accessibles les lois de finances, tableaux de bord budgétaires et autres documents officiels de l’État. Cette publication intervient dans un contexte particulier où les nouvelles autorités s’emploient à rétablir la confiance après la révélation d’une dette cachée. Le rapport fait état de recettes de 1 149 milliards FCFA, de dépenses de 1 482 milliards FCFA et d’un déficit budgétaire limité à 333 milliards FCFA. Les données couvrent également 186 organismes publics, dont le taux global d’exécution atteint 13,4 %.
À l’opposé, le Gabon continue d’entretenir une opacité sur l’exécution de son budget. Pourtant, la Loi organique n°020/2014 du 21 mai 2015 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget est sans équivoque. Son article 83 rappelle que le contrôle parlementaire vise à s’assurer de la bonne exécution des lois de finances et confère aux commissions parlementaires de larges pouvoirs d’investigation. Son quatrième alinéa est encore plus explicite « Le Gouvernement, à travers le Ministre chargé du Budget, transmet au Parlement, à titre d’information et aux fins de contrôle, des rapports trimestriels sur l’exécution du budget, en recettes comme en dépenses et sur l’application de la loi de finances. Ces rapports sont mis à la disposition du public ». Malgré cette obligation légale, ces rapports demeurent introuvables, privant les citoyens comme les parlementaires d’un outil essentiel de contrôle de l’action publique.
Entre les discours et la réalité, un fossé se creuse
La comparaison entre les deux pays illustre deux conceptions opposées de la gouvernance financière. Au Sénégal, les autorités ont choisi de rendre publiques les données budgétaires malgré un contexte économique délicat, démontrant qu’une crise de confiance peut être affrontée par davantage de transparence. La publication régulière des rapports permet aux citoyens, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux investisseurs de suivre l’évolution des finances publiques et d’apprécier les efforts de redressement entrepris. Cette démarche s’inscrit pleinement dans les standards internationaux de bonne gouvernance.
Au Gabon, alors que les autorités multiplient les déclarations en faveur de la redevabilité, la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire, pourtant imposée par la loi, ne suit pas. La reddition des comptes constitue pourtant une exigence fondamentale de l’État de droit. Tant que les rapports prévus par l’article 83 de la Loi organique n°020/2014 ne seront pas régulièrement publiés et mis à la disposition du public, les engagements affichés en matière de transparence continueront de susciter des interrogations sur leur traduction concrète.










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