Sénégal : Sonko assume la situation de cohabitation avec Diomaye Faye
Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences politiques depuis le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et son élection quasi simultanée à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette recomposition a fait émerger une relation de plus en plus complexe entre le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien mentor politique. Lors d’une sortie médiatique le 2 juin, le leader de PASTEF a assumé sans détour l’existence d’une situation de cohabitation entre la présidence de la République et une Assemblée nationale largement dominée par son parti.
Face à la presse, Ousmane Sonko a rappelé le rapport de force favorable à PASTEF au sein du Parlement. « Si je le voulais et si PASTEF le veut, dans 72 heures ce gouvernement peut tomber parce qu’on a la possibilité de censurer », a affirmé le bouillant chef de file de PASTEF. Selon lui, la réalité institutionnelle impose une cohabitation puisque le président Bassirou Diomaye Faye ne dispose d’aucun député en son nom propre à l’Assemblée nationale, alors que PASTEF contrôle 130 des 165 sièges. Malgré cette démonstration de puissance politique, Sonko assure qu’il n’est pas dans une logique de confrontation et promet de soutenir l’action gouvernementale au nom de l’intérêt supérieur du pays.
Une rupture nourrie par des divergences stratégiques
Les désaccords entre les deux hommes se sont progressivement cristallisés autour de la gestion économique du pays, notamment de la question de la dette. Tandis que Bassirou Diomaye Faye privilégiait les discussions avec le Fonds monétaire international et d’autres partenaires financiers afin de sécuriser des solutions de restructuration, Ousmane Sonko défendait une approche plus souverainiste. Ces divergences ont alimenté des tensions croissantes jusqu’à son éviction du gouvernement, avant son accession au perchoir de l’Assemblée nationale.
Désormais consommée, la rupture ouvre une nouvelle séquence politique dont l’horizon semble déjà fixé sur l’élection présidentielle de 2029. Ousmane Sonko soupçonne Bassirou Diomaye Faye de vouloir briguer un second mandat, une perspective qui nourrit les rivalités au sein de l’ancienne équipe dirigeante. Si les deux responsables affirment vouloir préserver la stabilité du pays, la coexistence entre un président de la République et une Assemblée nationale dominée par son ancien allié pourrait fragiliser davantage les ambitions de relance économique voulues par l’exécutif.









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