Industrialisation : l’Afrique appelée à financer elle-même sa transformation économique
Réunis à l’occasion d’une session conjointe consacrée au financement du développement, des responsables africains et partenaires techniques ont plaidé pour un changement de paradigme. Face aux incertitudes de l’économie mondiale, ils estiment que le continent doit davantage s’appuyer sur ses propres ressources pour financer son industrialisation, réduire sa dépendance aux capitaux extérieurs et accélérer sa transformation économique.
L’Afrique doit revoir en profondeur son modèle de financement du développement. C’est le principal message qui ressort des travaux d’ouverture de cette session conjointe, marquée par des échanges sur les défis économiques auxquels le continent est confronté. Dans un contexte de fragmentation de l’économie mondiale, de tensions géopolitiques et de recomposition des équilibres internationaux, les participants ont insisté sur la nécessité de bâtir un modèle de croissance reposant davantage sur les ressources africaines.
Selon les intervenants, le principal défi n’est pas l’absence de capitaux, mais la difficulté à mobiliser efficacement l’épargne nationale et les investissements institutionnels pour financer les secteurs productifs et les infrastructures.
Mobiliser les ressources africaines pour financer le développement
Les discussions ont mis en avant l’importance de renforcer la mobilisation des ressources domestiques, qu’elles soient fiscales ou non fiscales, tout en améliorant la gestion de la dette publique afin de préserver les capacités d’investissement des États. Les participants ont également plaidé pour une réforme de l’architecture financière internationale et un renforcement de la coopération fiscale afin d’accroître la souveraineté financière des pays africains.
Ils ont également souligné que les fonds de pension, les compagnies d’assurance et les autres investisseurs institutionnels africains disposent d’un potentiel encore insuffisamment exploité pour financer les infrastructures, l’industrie, l’énergie et les autres secteurs stratégiques du continent.
L’industrialisation au cœur de la stratégie africaine
Les intervenants ont réaffirmé que l’industrialisation demeure le principal levier de transformation structurelle des économies africaines. À cet égard, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est présentée comme un outil majeur pour développer les chaînes de valeur régionales, favoriser la transformation locale des ressources naturelles et créer davantage d’emplois.
Les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank, la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), ont renouvelé leur engagement à accompagner cette dynamique. Les échanges ont également porté sur des réformes structurantes, parmi lesquelles la création d’une agence africaine de notation, le renforcement du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) et le développement d’infrastructures industrielles plus compétitives.
Au terme des travaux, une conviction s’est imposée : l’avenir industriel de l’Afrique passera avant tout par sa capacité à mobiliser ses propres ressources, à renforcer son intégration économique et à créer davantage de valeur ajoutée sur son territoire.









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