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Santé  : fini le SOPK place au SMOP

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Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), connu depuis longtemps comme un trouble affectant les ovaires, change de nom et de perspective. Selon un article publié le 12 mai 2026 par la revue scientifique The Lancet, le SOPK devient le syndrome polyendocrinien métabolique de l’ovaire (SPMO). Cette nouvelle appellation reflète mieux la complexité de la maladie, qui touche une femme sur huit, en soulignant non seulement les troubles ovariens, mais aussi les dérèglements endocriniens et métaboliques.

Le processus de changement de nom a été long et rigoureux. Il a impliqué 56 organisations universitaires, cliniques et de patients de premier plan à l’échelle internationale. Plus de 14 000 patientes et professionnels de santé du monde entier ont participé à des enquêtes, des ateliers et des analyses, afin de choisir un nom qui soit scientifiquement précis, culturellement approprié et facile à mettre en œuvre. La stratégie retenue privilégie une évolution progressive plutôt qu’une transformation brutale, avec des phases de transition, des actions de formation et une harmonisation avec les systèmes de santé et la classification des maladies.

Comprendre les multiples facettes du SPMO

Le SPMO n’est pas seulement un trouble ovarien. Les recherches récentes montrent qu’il affecte plusieurs systèmes du corps. En effet, ses manifestations métaboliques incluent l’obésité, la dysglycémie, le diabète de type 2, l’hypertension, la dyslipidémie, la stéatose hépatique et les maladies cardiovasculaires. Sur le plan reproductif, il peut provoquer des troubles de l’ovulation, des cycles menstruels irréguliers, l’infertilité, des complications pendant la grossesse et un risque accru de cancer de l’endomètre. 

De plus il touche aussi la santé mentale et dermatologique des patientes, avec des symptômes comme la dépression, l’anxiété, des troubles du comportement alimentaire, l’acné, l’alopécie et l’hirsutisme.L’adoption du terme SPMO permet de dépasser l’approche limitée centrée sur les ovaires et de reconnaître la nature multisystémique de la maladie.

 En supprimant le mot « kystes », le nouveau nom évite la stigmatisation et reflète l’ensemble des dysfonctionnements endocriniens et métaboliques associés. Cette précision devrait faciliter un diagnostic plus précoce, une prise en charge globale et la mise en place de politiques de santé adaptées, tout en stimulant la recherche scientifique sur le sujet.

Une mise en œuvre progressive à l’échelle mondiale

La transition vers le SPMO sera encadrée par des recommandations internationales, des campagnes de sensibilisation et la formation des professionnels de santé. Les patientes bénéficieront d’une meilleure information et d’un accompagnement plus complet, prenant en compte l’ensemble des aspects de leur santé. Ce changement de nom ouvre également la voie à des pratiques médicales plus cohérentes et à des programmes de santé publique mieux ciblés, qui intégreront la dimension endocrinienne, métabolique, reproductive, psychologique et dermatologique du syndrome.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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