Réligion : nouvelle guerre de succession en perspective à l’Église évangélique du Gabon ?
La course à la succession du révérend Louis Sylvain Allogo Engo à la tête de l’Église évangélique du Gabon (EEG) vient de prendre une tournure pour le moins surprenante. Alors que le mandat du président sortant arrive à échéance le 22 juillet prochain, une audience accordée le 12 juin dernier par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a totalement rebattu les cartes. Selon les informations rapportées par le média Gabonactu, le bureau national de l’EEG a profité de cette rencontre pour introduire officiellement le révérend Moïse Ovono Megne, actuel président de la région synodale du Ntem, comme candidat à la présidence de l’institution religieuse.
Selon notre confrère, cette annonce aurait provoqué une onde de choc, prenant de court le pasteur président sortant. En effet, la tradition non écrite au sein de l’EEG voudrait que le leader en place désigne lui-même son successeur pour garantir la continuité de son action. Or, les choses se sont déroulées d’une tout autre manière.
Autour de la table, aux côtés du vice-Premier ministre Hermann Immongault, siégeaient plusieurs figures influentes de l’Église, dont le secrétaire administratif sortant et l’ancienne présidente de l’Union chrétienne des femmes (UCFEEG). La présence du révérend Moïse Ovono Megne, venu spécialement de Bitam, a scellé ce coup de théâtre, d’autant plus que Louis Sylvain Allogo Engo ambitionnait, selon des indiscrétions, de soutenir le révérend Jean Daniel Allogo Essimengane.
Des tractations en coulisses qui font débat
Depuis cette audience, les divisions éclatent au grand jour au sein des milieux protestants. Les critiques fusent, et certains fidèles n’hésitent pas à dénoncer un choix dicté en coulisses par un clan d’influenceurs originaires de Bitam. Pour les contestataires, d’autres profils, à l’instar des révérends Zang Medzo ou Guerson Mba Engo de la paroisse de Melen, apparaissaient bien plus qualifiés pour relever les défis actuels de l’institution.
Au-delà de la simple querelle de personnes, Gabonactu souligne que cette crise met en relief un malaise profond. De nombreux chrétiens réclament un retour aux sources spirituelles de l’Église, lassés par les querelles administratives et matérielles qui entachent régulièrement la réputation de l’EEG.
Le cri d’alarme des autorités et le verdict du Synode
Devant ces prémices de discorde, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, n’est pas resté indifférent. Il a fermement exhorté les leaders religieux à préserver la cohésion nationale et la paix sociale. L’avenir de l’Église évangélique du Gabon se jouera désormais le 22 juillet prochain lors du Synode national. Reste à savoir si cette transition se fera dans le calme ou si elle ouvrira une période de turbulences majeures.










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