RDC : Joseph Kabila prend la tête d’un mouvement politico-militaire incluant le M23
Condamné à mort par contumace pour trahison et crimes de guerre, l’ancien président Joseph Kabila prend officiellement les commandes du Front pour la refondation de la nation (FRN). Cette nouvelle plateforme politico-militaire intègre notamment la rébellion du M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC). L’annonce est survenue dans un climat d’extrême tension, alors que la perspective du terme du mandat de Félix Tshisekedi en 2028 attise déjà toutes les rivalités.
C’est depuis la ville stratégique de Goma, sous le contrôle du M23, que la naissance du FRN a été proclamée. L’ancien chef de l’État, qui a gouverné la République démocratique du Congo de 2001 à 2019, s’est affiché silencieusement aux côtés des figures majeures de la rébellion. La déclaration politique lue par les membres du Front annonce clairement la couleur : l’organisation entend mettre un terme au pouvoir en place « par tous les moyens, y compris la force ». Cette prise de position rejoint l’ambition ouvertement affichée par le M23 de renverser le gouvernement de Kinshasa.
La querelle du troisième mandat en toile de fond
Cette coalition explosive survient dans un paysage institutionnel très fragilisé. Alors que le second et dernier mandat constitutionnel de Félix Tshisekedi doit s’achever en 2028, la majorité présidentielle pousse pour une révision de la loi fondamentale. Une initiative perçue par l’opposition comme une manœuvre visant à autoriser un troisième bail au sommet de l’État.
Face à ce projet, la contestation s’est intensifiée dans les rues de Kinshasa et des grandes agglomérations, donnant lieu à des rassemblements sévèrement réprimés par les forces de sécurité. Paradoxe de l’histoire : Joseph Kabila avait lui-même cherché à se maintenir au-delà de ses deux mandats constitutionnels, avant de devoir céder sous la pression populaire et internationale.
Rupture consommée et échec des médiations diplomatiques
Après un long exil à l’étranger, le retour de Joseph Kabila à Goma s’est opéré après qu’il a vivement dénoncé la « dictature » du régime actuel. La réplique judiciaire ne s’est pas fait attendre : fin septembre, la justice militaire le condamnait à la peine capitale, le désignant comme l’un des instigateurs de l’AFC.
Pendant ce temps, la crise sécuritaire continue de ravager le Kivu. Les récentes prises de Goma et de Bukavu par le M23, avec le soutien présumé de l’armée rwandaise, ont mis à rude épreuve l’armée régulière. Malgré les médiations menées sous le patronage de Washington ou du Qatar, les initiatives diplomatiques peinent toujours à faire taire les armes dans un Est congolais meurtri par trois décennies de conflits.









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