RDC : Joseph Kabila dénonce un pays « en péril » et accuse le pouvoir de dérive autoritaire
L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a livré vendredi une sévère critique de la gouvernance du pays, dans une intervention diffusée sur la chaîne YouTube Reconstruire la RDC. Estimant que la nation est « en péril », l’ancien chef de l’État dénonce une concentration du pouvoir, des pratiques discriminatoires et l’absence de solution politique durable à la crise sécuritaire dans l’est du territoire. Une prise de position qui ravive les tensions entre l’ancien président et le camp de son successeur, Félix Tshisekedi.
Après une période de relative discrétion médiatique, Joseph Kabila revient au premier plan du débat politique congolais avec un discours particulièrement critique à l’égard des autorités actuelles. Sans désigner nommément Félix Tshisekedi, celui qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019 estime que la situation nationale s’est « progressivement dégradée ». Son intervention intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’est du pays et les divergences autour des conditions d’un dialogue politique.
Une gouvernance accusée de dérive autoritaire
Joseph Kabila reproche au pouvoir actuel une personnalisation excessive de la conduite des affaires publiques. Selon lui, les institutions seraient soumises à la « seule volonté du chef de l’État », lequel « considère le Congo comme une propriété privée ». Des accusations graves qui traduisent sa volonté de contester le fonctionnement institutionnel du pays.
L’ancien président va plus loin en affirmant que la RDC « n’est plus une République, et encore moins une République démocratique ». Il dénonce notamment « l’institutionnalisation du tribalisme et du népotisme », la discrimination des minorités et des atteintes au patrimoine public. Ces appréciations relèvent de son réquisitoire politique et ne constituent pas, à elles seules, la démonstration des faits allégués.
Le dialogue politique face à la guerre dans l’Est
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila remet en cause une réponse essentiellement militaire à la crise qui oppose les forces gouvernementales aux rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda selon plusieurs rapports internationaux. Il estime qu’une solution durable ne pourra être obtenue sans négociations politiques.
Pour l’ancien dirigeant, « le dialogue n’est pas une option », mais une nécessité. Il défend une démarche inclusive et rappelle les propositions formulées dans son plan en douze points, notamment concernant les groupes armés et la présence de forces étrangères. Cette position s’inscrit dans un débat déjà conflictuel sur les modalités et les participants d’un éventuel dialogue national.
Une rivalité politique sur fond de crise sociale
Cette sortie intervient alors que les initiatives diplomatiques destinées à stabiliser l’est de la RDC peinent à produire une paix durable. Les désaccords entre le pouvoir et ses opposants compliquent davantage la recherche d’un consensus politique susceptible d’accompagner les efforts de médiation.
Au-delà de l’affrontement entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, la situation pose la question des réponses apportées aux attentes sécuritaires et sociales de la population. Entre les violences persistantes, la pauvreté et les difficultés économiques, l’enjeu demeure la capacité des responsables congolais à transformer leurs divergences politiques en solutions concrètes pour le pays.









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