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Prison centrale : 20 dossiers en ouverture des audiences correctionnelles foraines

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Dans le cadre d’une politique volontariste de rationalisation de l’ordonnance pénale et d’optimisation de la chaîne judiciaire, le ministre de la Justice, le Dr. Augustin Emane, assisté par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a procédé, ce mercredi 10 juin 2026, au lancement des audiences correctionnelles foraines spéciales au sein de la Prison centrale de Libreville sis au quartier Gros-Bouquet dans le 1er arrondissement de la commune de Libreville.

En rupture momentanée avec la solennité coutumière des palais de justice de l’ordre judiciaire, l’appareil répressif s’est déporté ce mercredi 10 juin 2026 au cœur du quartier « derrière la prison ». Pour cette circonstance exceptionnelle, les locaux du Messe de la Sécurité pénitentiaire ont été transmués en un prétoire. En droite ligne ainsi le principe fondamental de déconcentration matérielle des juridictions de jugement. Ce mécanisme de délocalisation processuelle vise à désengorger un établissement pénitentiaire saturé.

Tous unis pour des prisons humanisées !

Sous la haute direction de Jean Gaël Doumbeneny, président du Tribunal de première instance de Libreville, les magistrats du siège, les représentants du ministère public et les greffiers ont siégé de concert pour l’examen initial de 20 dossiers inscrits au rôle d’audience. Les débats contradictoires ont porté exclusivement sur des infractions de nature délictuelle. Qu’il s’agisse des vols à la tire aux coups et blessures volontaires, en passant par les injures publiques assorties de menaces. 

Une vue des avocats lors d’une audience correctionnelle foraine à la Prison centrale de Libreville © D.R.

Face au tribunal délocalisé, les prévenus, assistés de leurs conseils, ont vu l’intégralité de leurs garanties procédurales préservées. Conformément aux exigences du procès équitable et au respect absolu des droits de la défense. À ce propos, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le Dr. Augustin Emane, a souligné la portée pragmatique de ce nouveau dispositif. Pour le membre du gouvernement, le traitement ciblé de 40 affaires correctionnelles constitue un levier idoine pour résorber l’engorgement des geôles et accélérer le traitement des délits mineurs..

Vivement des audiences plus proches de l’univers carcéral 

En marge d’une audience, Rokya Ye-Dieng, a réaffirmé l’appui institutionnel de l’organisme international à la feuille de route gouvernementale. « Nous avons accompagné le ministère pour cette session initiale pour faire en sorte que les prisons qui sont aujourd’hui encombrées par certains délits mineurs puissent être traitées et que la justice soit rendue », a souligné la représentante résidente du PNUD au Gabon. Un appui axé sur la modernisation de la gouvernance pénale et l’assainissement des conditions de détention. 

Pour sa part, Maître Hugues-Désiré Boguikouma, avocat au Barreau du Gabon, a martelé qu’il est impératif de rendre cette pratique de plus en plus effective. « Nous en avions eu une l’année dernière à bitam. Vous savez que ça permet également de désengorger les prisons et de juger ceux-là qui, depuis des années, ont été incarcérés, mais n’ont jamais été jugés » , a-t-il déclaré. À la barre du Messe réaménagé, les débats houleux ont d’ores et déjà connu leurs verdicts. 

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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