Gabon : EPG et PDG aperçus côte à côte au congrès du parti REGARD

À l’heure où le Gabon s’engage dans une nouvelle phase de reconfiguration de son paysage politique à la faveur de la réforme de la loi sur les partis, les formations politiques poursuivent leur stratégie de survie. C’est dans ce contexte que le Rassemblement d’Éveil Gabonais pour l’Action, la Restauration et le Développement (REGARD), de l’ancien ministre Mathias Otounga Ossibadjouo, a tenu le week-end dernier son congrès extraordinaire à Akanda. Si l’événement s’inscrivait dans l’agenda classique de la vie partisane, la composition de l’assistance a rapidement suscité commentaires et interrogations au sein de l’opinion.
Autour des responsables, militants et sympathisants de REGARD figuraient en effet plusieurs personnalités issues d’horizons politiques distincts. Parmi elles, la vice-présidente du Parti démocratique gabonais (PDG), Camélia Ntoutoume-Leclercq, et le vice-président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Théophile Makita Niembo. Une présence remarquée tant les deux formations incarnent aujourd’hui des positions divergentes sur la conduite des affaires publiques. Depuis la création d’EPG par Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien cadre du PDG, les relations entre les deux camps sont demeurées courtoises, sans pour autant effacer leurs profondes différences d’appréciation de la gouvernance actuelle.
REGARD, le centrisme assumé
Alors que le PDG a choisi d’accompagner ouvertement le président Brice Clotaire Oligui Nguema en participant aux différentes équipes gouvernementales de la Transition, EPG s’est inscrit dans une posture d’opposition assumée. Cette ligne critique s’est notamment illustrée par les prises de position répétées de ses responsables contre les orientations du pouvoir. Dans ce contexte, voir des représentants de ces deux sensibilités partager la même tribune politique a naturellement retenu l’attention des observateurs.
En réunissant au même événement des figures du PDG et d’EPG, Mathias Otounga Ossibadjouo semble avoir réussi un pari politique audacieux. Au-delà des relations personnelles qu’il entretient avec plusieurs responsables des deux camps, héritées de leur passage commun au sein du PDG et des gouvernements précédents, cette image de dialogue entre acteurs aux visions opposées conforte la vocation centriste revendiquée par REGARD. Dans un environnement politique en pleine mutation, où chaque rapprochement est scruté et parfois perçu comme une compromission, cette séquence apparaît comme un signal fort en faveur du dialogue et de la recomposition des équilibres politiques.









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