Poussée d’archimède : Oligui Nguema désavoue le projet Piaepal
Présenté comme l’une des réponses majeures à la crise de l’eau potable dans le Grand Libreville, le 1er Sous-programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL) devait permettre d’améliorer durablement la desserte des communes de Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum. Adossé au programme national de développement du secteur de l’eau et de l’assainissement, ce projet prévoyait notamment le renforcement et l’extension de 280 kilomètres de réseau, avec l’ambition d’offrir un meilleur accès à l’eau potable. Son aboutissement avait été symbolisé par l’inauguration, le 17 juin 2025, de la station de pompage du PK5, présentée comme un tournant pour mettre fin aux pénuries récurrentes.
Un an plus tard, le constat dressé par le président de la République est sans appel. Dans son discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin devant le Parlement réuni en congrès, Brice Clotaire Oligui Nguema est revenu sur cette inauguration en révélant les réserves qu’il avait exprimées avant de couper le ruban. « Souvenez-vous de ce que je vous avais dit : je ne me déplace pas du palais présidentiel si Nzeng-Ayong et la Cité de la Caisse à côté n’ont pas d’eau », a-t-il rappelé. Le chef de l’État a également ravivé le débat autour de la célèbre « poussée d’Archimède », une explication technique qui lui avait été donnée sur le fonctionnement du réseau. « Vous l’avez dit ce jour « l’eau ira d’abord jusqu’à la Sablière et elle reviendra peu à peu vers les zones les plus hautes », a-t-il lancé.
Un nouveau financement pour corriger les insuffisances
Pour le président de la République, les résultats observés depuis la mise en service des installations confirment les limites du projet. « Il faut reconnaître que le projet Piaepal est un échec », a-t-il déclaré, estimant que les populations des quartiers les plus exposés aux coupures d’eau n’ont pas bénéficié des améliorations promises. Cette situation a, selon lui, contraint les autorités à rechercher de nouvelles solutions afin de rétablir durablement l’alimentation en eau potable dans le Grand Libreville.
Brice Clotaire Oligui Nguema a ainsi rappelé que l’État s’est de nouveau endetté auprès de la société Suez afin de reprendre des travaux qu’il juge inachevés. « Nous nous sommes endettés auprès de Suez pour le même montant, pour refaire un travail que les autres n’ont pas pu réaliser », a-t-il expliqué. Le président a également regretté l’absence de poursuites contre les responsables ayant validé ce projet, estimant que « plusieurs de ces personnes qui ont signé ce dossier ne sont pas poursuivies » et que « la justice ne fait pas son travail ». Des déclarations qui traduisent la volonté de l’exécutif de corriger les insuffisances techniques du PIAEPAL tout en appelant à davantage de reddition des comptes dans la gestion des grands projets publics.










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