Gabon : l’administration de Guietsou paralysée par l’absence d’Internet
Pendant que le monde accélère sa mue technologique et vante les mérites de la dématérialisation, une localité reste désespérément sur le quai. À Guietsou, chef-lieu du département de la Mougalaba, l’accès à une connexion Internet stable n’est qu’un lointain mirage. Comme le souligne une enquête du média Le Nouvelliste Durembu, cette bourgade s’impose aujourd’hui comme le grand oublié de l’ère numérique, victime d’un anachronisme qui pèse lourdement sur son quotidien.
Pourtant, ce ne sont pas les déclarations d’intentions qui ont manqué. Au fil des ans, les promesses politiques se sont accumulées, portées par les discours rassurants des opérateurs de téléphonie mobile et les engagements théoriques des autorités de régulation. Sur le terrain, l’amertume a remplacé l’espoir. Les infrastructures tant attendues n’ont jamais vu le jour, laissant les populations locales et les usagers dans un isolement technologique total.
95 kilomètres pour envoyer un e-mail
Cette fracture numérique ne se limite pas à un simple inconfort pour les habitants ; elle paralyse de plein fouet les services publics. À Guietsou, le traitement des dossiers d’état civil, le transfert d’un rapport urgent ou la gestion des données budgétaires relèvent du parcours du combattant. Rien ne peut se faire sur place.
Pour la moindre urgence numérique, le constat est implacable : les agents administratifs n’ont d’autre choix que de déserter temporairement leurs bureaux. Selon les informations du Nouvelliste Durembu, ces fonctionnaires doivent régulièrement entreprendre un périple exténuant et coûteux de 95 kilomètres sur une piste éprouvante pour rallier Mouila, la capitale provinciale, dans le seul espoir de capter un signal réseau.
Une transition digitale à deux vitesses
Cette situation aberrante pose une question de fond : à qui la faute ? Entre le désengagement des opérateurs privés, jugés frileux à l’idée d’investir dans les zones reculées, et les lenteurs de l’État, la responsabilité est partagée. En attendant que les lignes bougent, Guietsou continue de payer le prix fort d’un développement à deux vitesses, où l’efficacité administrative s’arrête là où s’éteignent les réseaux mobiles.










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