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Pêche : le Gabon fermera ses eaux aux navires européens dès le 29 juin 2026

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Après près de trente ans de compagnonnage, le Gabon a pris la décision radicale de ne pas renouveler l’accord de pêche qui le liait à l’Union européenne (UE) depuis 1998. Selon les informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), ce partenariat historique prendra officiellement fin le 29 juin 2026. Passé cette date, les navires européens devront impérativement quitter les eaux gabonaises.

Pour justifier cette rupture, Libreville pointe du doigt un déséquilibre devenu intenable dans le partage des retombées économiques. Les autorités estiment que l’accord actuel s’est avéré incapable de valoriser pleinement le potentiel halieutique national. Le cas du thon est, à cet égard, particulièrement symptomatique : cette ressource précieuse est majoritairement capturée pour être exportée brute, sans jamais passer par des usines de transformation locale. 

Au-delà des pertes financières, le gouvernement gabonais fustige un manque flagrant de transparence dans les mécanismes de répartition des bénéfices, une opacité qui alimentait une colère sourde et un profond sentiment d’injustice chez les professionnels locaux.

2,6 millions d’euros : le prix de la discorde

Au cœur du litige se trouve également la compensation financière versée par Bruxelles. Fixée à 2,6 millions d’euros par an soit environ 1,7 milliard de FCFA, cette enveloppe est aujourd’hui jugée dérisoire par le Gabon. Les autorités rappellent que cette somme ne pèse pas lourd face aux volumes massifs de poissons prélevés chaque année, d’autant que le pays doit assumer seul les coûts faramineux liés à la surveillance de sa zone économique exclusive (ZEE) pour lutter contre le pillage des océans.

Vers un nouveau modèle de souveraineté marine

Bien que la rupture soit consommée, le dialogue n’est pas totalement rompu. Libreville se dit prête à étudier de futures propositions, mais pose ses conditions : tout nouvel accord devra être équitable, transparent et mutuellement avantageux. En reprenant ainsi le contrôle de ses eaux, le Gabon emboîte le pas au Sénégal, qui avait déjà mis un terme à son propre accord avec l’UE fin 2024. Une tendance lourde qui redéfinit les règles du jeu entre l’Europe et l’Afrique.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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