« Mindoube » : quand nos déchets racontent qui nous sommes par Matamba Kombila
Si la terre pouvait parler, le constat serait sans doute amer. Au Gabon, la décharge publique de Mindoube, véritable verrue environnementale ancrée dans le paysage depuis des décennies, s’apprête enfin à déménager. Pourtant, son départ ne suffira pas à effacer les stigmates profonds laissés sur la nature et la santé des riverains. C’est ce cri d’alarme que pousse la réalisatrice Matamba Kombila dans son dernier film documentaire, sobrement intitulé « Mindoube ». À travers cette œuvre, elle interpelle chacun d’entre nous sur l’impact de nos gestes quotidiens.
Loin d’être un simple état des lieux alarmiste, ce projet se veut à la fois artistique et profondément citoyen. Matamba Kombila refuse d’ailleurs le piège du misérabilisme. Son but ? Pousser le spectateur à questionner sa propre responsabilité dans la gestion des déchets. « Mindoube n’est pas un film à observer de loin avec fatalisme. C’est un miroir tendu à nos propres habitudes de consommation », confie la réalisatrice.
Le long-métrage adopte une narration originale et humaine en croisant les destins de trois personnages singuliers : une recycleuse passionnée, un artisan ingénieux et une vieille poupée abandonnée depuis 47 ans. Ensemble, ils incarnent la mémoire de ce lieu et mettent en lumière les conséquences dramatiques de la pollution sur les populations locales.
Éveiller les consciences de demain
Au-delà des salles obscures, Mindoube se conçoit comme un véritable outil pédagogique. Le film servira de pilier à une vaste campagne nationale de sensibilisation, pensée pour bousculer les certitudes et encourager l’adoption d’écogestes.
Pour la cinéaste, l’urgence est avant tout éducative : « Je souhaite que ce projet donne à la jeunesse les clés pour initier une rupture comportementale devenue indispensable. » Il s’agit d’insuffler un vent de changement chez les jeunes générations, actrices majeures de la transition écologique de demain.
Le rendez-vous est pris : la première projection officielle aura lieu le 18 juin prochain à l’Institut Français du Gabon. Une occasion idéale pour regarder notre production de déchets en face et, enfin, réagir.










GMT TV