Mbigou : quinze ans après sa disparition, la famille Leckat honore la mémoire de son patriarche
Décédé le 9 août 2011, Henri Paul Leckat aurait certainement apprécié l’image : ses fils, petits-enfants, arrière-petits-enfants et collatéraux réunis, quinze ans plus tard, autour de sa mémoire à Mbigou. Ce dimanche 9 août 2026, près d’une centaine de membres de sa famille ont assisté à une messe d’intention célébrée par l’évêque de Mouila, Monseigneur Mathieu Madega. Au-delà du souvenir du patriarche, cette commémoration aura surtout été celle d’un héritage familial fait de travail, d’attachement à la terre et de transmission.
Il est des hommes dont l’absence ne fait pas disparaître l’empreinte. Né le 1er janvier 1930 et décédé le 9 août 2011, Henri Paul Leckat, affectueusement appelé « Papa Leckat » par ses enfants et petits-enfants, a laissé derrière lui une veuve et neuf enfants, mais surtout une famille aujourd’hui étendue sur plusieurs générations. Quinze ans exactement après sa disparition, celle-ci a choisi de retourner à Mbigou, chef-lieu du département de la Boumi-Louetsi, dans la Ngounié, pour se souvenir et transmettre.
La célébration présidée par Monseigneur Mathieu Madega a été marquée par une prière tournée vers l’espérance chrétienne. « Par sa mort sur la croix, par sa résurrection du tombeau, le Christ a vaincu la mort et le péché », a notamment rappelé la liturgie, avant cette invocation reprise par l’assemblée : « Ô Christ, tu es notre vie et notre résurrection. »
« Dieu nous bénira », la confiance en héritage
D’Henri Paul Leckat, ses descendants retiennent d’abord la figure d’un père et d’un grand-père aimant. Un homme de conviction et de travail qui répétait volontiers à ses enfants et petits-enfants : « Dieu nous bénira. » Quelques mots simples devenus, avec les années, une véritable profession de foi familiale, comme une invitation à avancer malgré les épreuves sans renoncer à l’espérance.
Commerçant, éleveur et agriculteur, Henri Paul Leckat appartenait à cette génération d’hommes pour laquelle entreprendre relevait autant de la nécessité que du devoir envers les siens. Il fut surtout représentant de la Compagnie africaine de transport à Mbigou, activité qui l’inscrivit durablement dans la vie économique et sociale de cette localité à laquelle il demeura profondément attaché. Son leadership et son amour indéfectible pour Mbigou restent parmi les souvenirs que sa famille conserve de son parcours.
Une épitaphe comme testament aux générations suivantes
Sur le marbre de sa sépulture, une maxime attribuée à saint Paul résume peut-être mieux que de longs discours ce que ses descendants entendent aujourd’hui préserver : « Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. » Plus qu’une épitaphe, ces mots résonnent désormais comme un appel adressé à la postérité.
Car quinze ans après, le rassemblement familial avait quelque chose de particulièrement symbolique. Près d’une centaine de personnes ont effectué le déplacement : ses fils, ses petits-fils, ses arrière-petits-fils ainsi que de nombreux membres de la famille collatérale. Quatre générations réunies autour d’un même nom et d’une même mémoire, comme pour matérialiser cette transmission à laquelle Henri Paul Leckat semblait lui-même appeler.
La présence des arrière-petits-enfants donne d’ailleurs à cette commémoration une profondeur particulière. Une seule l’a connu et des dizaine n’ont pas connu celui dont ils portent désormais une partie de l’histoire. Aux générations qui l’ont côtoyé revient donc la responsabilité de raconter l’homme, son parcours, ses valeurs et son rapport à Mbigou afin que la mémoire familiale ne s’arrête pas avec ceux qui l’ont personnellement connu.
Du souvenir à la solidarité envers Mbigou
Cette fidélité à la mémoire du patriarche ne s’est pas limitée à la célébration religieuse. À l’issue de la messe, un cocktail a permis aux différentes générations et aux proches de prolonger ce moment de communion dans une atmosphère fraternelle.
Surtout, la famille a souhaité donner à cette journée une dimension sociale avec un partage de vêtements au bénéfice de populations démunies de Mbigou. Un geste simple mais chargé de sens dans cette ville à laquelle Henri Paul Leckat avait consacré une partie importante de son existence. Honorer sa mémoire revenait ainsi non seulement à fleurir une tombe ou à prier, mais aussi à poser un acte concret en direction des autres.
Quinze années après sa disparition, l’héritage d’Henri Paul Leckat se mesure donc moins aux souvenirs qu’il a laissés qu’à ce que ses descendants choisissent d’en faire. « Dieu nous bénira », disait-il. Ce 9 août 2026 à Mbigou, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants ont surtout montré que la plus durable des bénédictions reste peut-être une famille capable de se retrouver, de transmettre et de donner à son tour.










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