Gabon : Oil India et Indian Oil doivent 5,6 milliards de FCFA à l’État après leur retrait de Shakthi-II
Le retrait d’Oil India Limited et d’Indian Oil Corporation Limited du bloc pétrolier Shakthi-II devrait avoir une contrepartie financière non négligeable pour le Gabon. Selon GabonReview, dans sa livraison de ce lundi 21 septembre 2026, les deux groupes publics indiens doivent acquitter une pénalité de 10 millions de dollars, soit environ 5,6 milliards de FCFA, en raison de travaux d’exploration prévus contractuellement mais non exécutés. Au-delà du départ des deux investisseurs, une question devient désormais centrale : quand cette somme sera-t-elle effectivement encaissée par l’État gabonais et comment sera-t-elle retracée dans les comptes publics ?
L’information apporte un éclairage financier supplémentaire au retrait des deux groupes indiens du secteur pétrolier gabonais. Comme le rappelle GabonReview, Oil India et Indian Oil Corporation détenaient chacune 50 % de Shakthi-II, dans le cadre d’un contrat de partage de production conclu avec la Direction générale des hydrocarbures.
Des documents d’Indian Oil confirment cette participation paritaire, tandis que des documents opérationnels d’Oil India montrent que le consortium projetait notamment de forer deux puits exploratoires verticaux au cours de sa campagne de phase II.
10 millions de dollars pour des engagements non exécutés
« En restituant ce permis sans avoir exécuté l’ensemble des travaux auxquels ils s’étaient engagés, les deux partenaires doivent acquitter une pénalité de 10 millions de dollars, soit environ 5,6 milliards de FCFA », rapporte GabonReview. Le média précise que cette somme doit revenir à l’État gabonais « au titre des engagements contractuels non tenus ».
Les informations financières disponibles sur Oil India vont dans le même sens. Elles indiquent que le consortium, constitué à parts égales par Oil India et Indian Oil Corporation, avait signé le contrat Shakthi-II avec la Direction générale des hydrocarbures en janvier 2014. La phase II, commencée le 16 avril 2017, avait été prolongée jusqu’au 15 avril 2025. À l’expiration de cette période, le consortium a décidé de restituer le bloc et de mettre fin au contrat après paiement d’une pénalité de 10 millions de dollars liée aux engagements de travaux demeurés inachevés.
Une facture partagée entre les deux groupes indiens
La charge financière est liée à un projet détenu à parité. Oil India était opérateur du bloc avec une participation de 50 %, Indian Oil Corporation détenant les 50 % restants. Des documents publiés antérieurement par les deux groupes attestent cette répartition du capital du permis.
Cette pénalité ne constitue donc pas simplement un coût comptable accompagnant le départ d’un investisseur étranger. Elle traduit financièrement l’inexécution d’une partie du programme de travaux attaché au permis. En 2019, Oil India recherchait encore des prestataires pour accompagner le forage de deux puits exploratoires verticaux, avec une possibilité d’extension à un troisième puits, sur le bloc Shakthi-II. Le document situait la superficie du permis à 3 761,25 km² et confirmait qu’Oil India en était l’opérateur.
Les 5,6 milliards ont-ils déjà été encaissés ?
C’est désormais sur ce point que l’enjeu se déplace. GabonReview relève qu’« aucun document public consulté ne permet toutefois d’établir que la totalité de la somme a déjà été versée dans les caisses publiques ». Autrement dit, l’existence de la pénalité est documentée, mais son encaissement effectif par le Trésor gabonais mérite encore d’être établi publiquement.
La question n’est pas anodine dans un contexte où la mobilisation et la traçabilité des recettes publiques constituent des enjeux majeurs de gestion budgétaire. Le retrait de Shakthi-II devrait donc conduire l’administration pétrolière et financière à préciser le statut de cette créance : montant effectivement acquitté, date de versement et traitement budgétaire ou comptable de la recette. À 5,6 milliards de FCFA, la sortie d’Oil India et d’Indian Oil Corporation ne se résume plus à la restitution d’un permis pétrolier : elle devient également une recette potentielle dont l’encaissement effectif doit pouvoir être retracé.








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