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Biens mal acquis : le PDG défend la mémoire d’Omar Bongo sans contester le droit de l’État à récupérer ses avoirs

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Le Parti démocratique gabonais (PDG) est sorti de sa réserve dans l’affaire dite des « biens mal acquis ». Dans une déclaration lue le 19 septembre 2026 par sa secrétaire générale Angélique Ngoma, en présence notamment du président du parti Blaise Louembe et d’Yves Fernand Manfoumbi, l’ancienne formation au pouvoir défend la mémoire de son fondateur Omar Bongo Ondimba, tout en reconnaissant à la République gabonaise le droit de rechercher la restitution d’éventuels biens lui appartenant. Une position d’équilibre qui intervient après le dépôt, le 8 septembre, d’observations des conseils de l’État gabonais auprès de la justice française dans cette procédure.

La prise de position est politiquement délicate pour le parti qui a accompagné les quatre décennies de pouvoir d’Omar Bongo Ondimba. D’un côté, le PDG ne pouvait difficilement rester silencieux face à une procédure qui ravive le débat sur le patrimoine constitué sous l’ancien régime. De l’autre, contester frontalement le principe d’une restitution d’éventuels avoirs appartenant au Gabon aurait placé le parti dans une posture difficilement défendable. Sa direction choisit donc une troisième voie : laisser la justice accomplir son travail, reconnaître la légitimité de la défense des intérêts patrimoniaux de l’État, mais refuser que la procédure devienne, selon elle, un jugement global des 42 années de présidence d’Omar Bongo Ondimba.

Le PDG reconnaît la légitimité de la démarche de l’État

C’est probablement le passage politiquement le plus significatif de la déclaration. « La République gabonaise est naturellement fondée à défendre ses intérêts patrimoniaux et à rechercher la restitution de tout bien qui appartiendrait légitimement au peuple gabonais », affirme Angélique Ngoma, selon la déclaration rapportée par AfricaLeadNews. Le PDG ne remet donc pas en cause, dans son principe, la qualité de partie civile du Gabon ni son droit à défendre ses intérêts financiers.

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Cette précision intervient alors que les observations déposées le 8 septembre par les conseils de l’État gabonais ont relancé la controverse. Selon Africa Intelligence, ces écritures soutiennent notamment le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris d’Antoinette Sassou-Nguesso et d’Omar-Denis Junior Bongo. Il s’agit toutefois d’une étape de la procédure : les observations d’une partie civile ne constituent pas elles-mêmes une décision de renvoi devant une juridiction de jugement, laquelle relève de l’autorité judiciaire française.

Omar Bongo, la ligne rouge mémorielle du parti

Là où le PDG marque sa différence, c’est sur la lecture historique et politique susceptible d’être faite du dossier. « Une procédure judiciaire ne saurait à elle seule résumer 42 ans d’exercice des plus hautes fonctions de l’État », soutient Angélique Ngoma. Le parti revendique ainsi une séparation entre les faits soumis à l’appréciation de la justice et le bilan politique d’Omar Bongo Ondimba, dont il entend préserver la mémoire.

Cette défense ne revient cependant pas, dans la déclaration rapportée, à présenter le bilan de l’ancien président comme insusceptible de critique. Le PDG affirme au contraire vouloir assumer son héritage dans son ensemble. « Un grand parti politique ne trie pas dans son passé ce qui lui convient : il l’assume dans sa totalité, les réussites comme les insuffisances », déclare sa secrétaire générale. Une formulation qui permet à l’ancienne formation au pouvoir de défendre son fondateur sans demander que son passage à la tête de l’État échappe au débat historique.

Justice patrimoniale et héritage politique

La ligne défendue par Blaise Louembe et la direction du PDG apparaît ainsi plus nuancée qu’une opposition pure et simple à la démarche judiciaire. Le parti admet explicitement que le Gabon doit pouvoir récupérer ce qui lui appartiendrait légitimement, mais demande que cette recherche ne se transforme pas en condamnation politique générale d’Omar Bongo Ondimba. Cette distinction intervient alors que le conseil de l’État gabonais présente, de son côté, la participation du Gabon à la procédure comme un moyen de préserver les intérêts patrimoniaux du pays et ses droits à une éventuelle restitution.

Reste que les deux questions continueront inévitablement à se croiser dans le débat public : celle, judiciaire, de l’origine et de la propriété des avoirs concernés, et celle, politique, du bilan d’un régime ayant gouverné le Gabon pendant plusieurs décennies. En choisissant de reconnaître la première tout en défendant la mémoire de son fondateur sur la seconde, le PDG tente désormais de tracer une ligne étroite entre exigence de vérité judiciaire et fidélité à son propre héritage.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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