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Gabon : Oligui Nguema veut faire de la CPPF un puissant investisseur institutionnel

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Après avoir apuré l’essentiel des arriérés dus aux retraités gabonais, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, entend désormais engager une transformation profonde de la Caisse des pensions et des prestations familiales des agents de l’État (CPPF). L’objectif affiché est clair : faire de cet organisme un véritable investisseur institutionnel capable non seulement de garantir durablement le paiement des retraites, mais également de contribuer au financement de l’économie nationale.

Longtemps confrontée à d’importantes difficultés financières, la CPPF symbolisait les limites du système de retraite des agents publics. Pendant plus de sept ans, les retraités ont dû faire face à des retards de paiement qui ont fragilisé les conditions de vie de milliers de familles à travers le pays. Depuis le début de la Transition, l’État a entrepris de résorber cette situation. Selon le chef de l’État, la CPPF a déjà procédé au règlement de 57 milliards de FCFA d’arriérés de pensions en deux échéances majeures, intervenues respectivement en février 2024 et en avril 2025. Au total, ce sont près de 66 milliards de FCFA dus aux retraités qui étaient restés impayés pendant plusieurs années.

De caisse de paiement à acteur économique majeur

Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la question ne se limite plus désormais au paiement régulier des pensions. Il s’agit de repenser le rôle même de la CPPF dans l’économie gabonaise. « J’ai décidé de transformer la CPPF en un investisseur institutionnel capable de garantir la pérennité du système de retraite des agents publics et de contribuer significativement au financement de l’Économie nationale », a déclaré le président de la République devant le Parlement.

Cette orientation marque un changement majeur de paradigme. Jusqu’ici perçue essentiellement comme un organisme chargé de collecter des cotisations et de verser des pensions, la CPPF pourrait demain devenir un acteur financier de premier plan, à l’image des grands fonds de pension qui participent au financement des infrastructures, des entreprises et des projets stratégiques dans plusieurs pays.

Mobiliser l’épargne des retraités au service du développement

La logique défendue par l’exécutif repose sur un principe simple : les ressources accumulées par les régimes de retraite ne doivent pas seulement être conservées pour assurer le paiement des pensions, mais également être investies de manière rentable afin de générer des revenus supplémentaires.

Une telle évolution permettrait à la CPPF de renforcer sa solidité financière tout en participant au financement de secteurs prioritaires tels que les infrastructures, le logement, l’énergie ou encore l’industrie. L’institution pourrait ainsi devenir l’un des principaux investisseurs de long terme du pays.

Un chantier stratégique pour la souveraineté économique

Au-delà de la réforme des retraites, cette transformation s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté financière. Dans un contexte où les États cherchent à diversifier leurs sources de financement, la mobilisation de l’épargne nationale apparaît comme un levier stratégique pour soutenir le développement. Reste désormais à définir les mécanismes de gouvernance, de contrôle et de gestion qui permettront à la CPPF de jouer pleinement ce nouveau rôle. Car devenir un investisseur institutionnel exige une gestion rigoureuse, transparente et performante.

Une chose est certaine : après avoir entrepris de solder le lourd passif hérité des années précédentes, le gouvernement souhaite désormais faire de la CPPF non plus seulement une caisse de retraite, mais un véritable moteur d’investissement au service de l’économie gabonaise et des générations futures.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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