Gabon : Oligui Nguema met les propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés face à leurs responsabilités
À l’occasion de son discours à la Nation prononcé ce 16 août 2026, à la veille de la célébration de l’Indépendance, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a adressé une sévère mise en garde aux propriétaires d’immeubles et de chantiers laissés à l’abandon le long des principaux axes de Libreville. Dans la perspective notamment d’une éventuelle organisation au Gabon d’un prochain sommet de l’Union africaine, le chef de l’État veut accélérer l’embellissement de la capitale et n’exclut pas, après mises en demeure, des mesures pouvant aller jusqu’à la réquisition pour cause d’utilité publique.
Libreville doit changer de visage. C’est, en substance, l’un des messages forts adressés par Brice Clotaire Oligui Nguema aux propriétaires de bâtiments et de chantiers inachevés qui défigurent certains grands axes de la capitale. Dans son adresse à la Nation, le chef de l’État a clairement lié l’attractivité de Libreville à une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les collectivités et les citoyens.
Cette exigence intervient alors que le Gabon envisage d’accueillir un prochain sommet de l’Union africaine. Pour le président de la République, cette ambition impose de présenter une capitale à la hauteur d’un rendez-vous continental de cette dimension.
« Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations »
Le message adressé aux propriétaires concernés ne souffre guère d’ambiguïté. « Aux propriétaires d’immeubles et des chantiers inachevés qui bordent nos grands axes, je m’adresse à vous avec gravité et fermeté. Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations envers la collectivité », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le chef de l’État entend ainsi mettre un terme à la présence durable de constructions abandonnées, parfois depuis plusieurs années, qui peuvent affecter l’esthétique urbaine mais également, selon leur état, poser des problèmes de sécurité.
Une échéance devrait désormais être imposée aux propriétaires. « Ces travaux devront être achevés dans les délais qui seront fixés, après les mises en demeure nécessaires », a prévenu le président de la République. Le gouvernement devra donc préciser les modalités, les délais et les catégories de bâtiments concernés par cette opération.
La réquisition pour cause d’utilité publique évoquée
Mais la principale annonce réside dans la réponse envisagée en cas de persistance de certaines situations. Le président de la République a explicitement évoqué la possibilité d’une intervention plus contraignante de la puissance publique. « Si certains sites demeurent durablement abandonnés et portent atteinte à la sécurité, ou à l’image de notre belle capitale, l’État prendra ses responsabilités », a-t-il affirmé. Et d’ajouter que le gouvernement prendra, « dans le strict respect de la Constitution et du droit de propriété, les mesures normatives permettant leur réquisition pour cause d’utilité publique ».
Cette annonce devra nécessairement être traduite dans un dispositif juridique précis. Le droit de propriété étant protégé, toute procédure contraignante devra respecter les conditions prévues par les textes, notamment en matière de motivation, de procédure et, lorsque le régime applicable l’exige, d’indemnisation.
Libreville face au défi de son attractivité
La fermeté présidentielle s’inscrit dans une ambition plus large d’embellissement de Libreville. Brice Clotaire Oligui Nguema appelle d’ailleurs les habitants à ne pas considérer cette transformation comme relevant exclusivement de l’État. « Le civisme n’est pas un slogan, il commence devant notre porte. Embellir sa maison, entretenir sa barrière, respecter l’espace public et prendre soin de notre cadre de vie », a-t-il souligné.
Cette mobilisation prend une dimension particulière avec la perspective d’accueillir un sommet de l’Union africaine. « Accueillir un tel rendez-vous ne doit pas seulement être une opération de prestige, mais la démonstration de notre stabilité, de notre capacité d’organisation et de notre sens de l’hospitalité », a expliqué le chef de l’État.
Le cap est donc fixé : « Libreville la belle doit refléter l’exigence, la dignité et l’ambition de la Ve République ». Reste désormais à connaître les délais qui seront accordés aux propriétaires concernés et, surtout, les instruments juridiques que le gouvernement entend mobiliser pour transformer cette injonction présidentielle en action effective.









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