Derniers articlesPOLITIQUE

Gabon : Oligui Nguema acte la fin du «ngori» dans les transports publics 

Ecouter l'article

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé une réforme majeure du transport public urbain au Gabon. À travers la fusion de SOGATRA et de TRANS’URB au sein d’une future Compagnie nationale interurbaine, l’État entend restructurer durablement le secteur. Mais l’annonce la plus marquante reste la suppression progressive de la gratuité des transports publics, une mesure assumée par le chef de l’État qui estime que le système actuel n’est plus soutenable.

Depuis plusieurs années, les transports urbains constituent l’un des principaux défis du quotidien des Gabonais. Entre l’insuffisance du parc automobile, les difficultés financières des opérateurs publics et la dégradation progressive des infrastructures, les usagers sont confrontés à une offre souvent en décalage avec leurs besoins.

La fin d’un modèle sous perfusion de l’État

Face à cette situation, le gouvernement a décidé d’engager une refonte complète du secteur. Selon le chef de l’État, la fusion de SOGATRA et de TRANS’URB permettra de créer un opérateur unique capable d’assurer une meilleure couverture du territoire tout en améliorant la qualité du service rendu aux populations. À cet effet, 100 nouveaux bus ont déjà été acquis pour renforcer les capacités de la future entreprise publique. Si la création de cette compagnie nationale constitue une annonce importante, c’est surtout la question de la gratuité qui a retenu l’attention. Pour le président de la République, le modèle actuel ne permet pas d’assurer la pérennité financière du service public de transport.

« Afin de garantir la pérennité de cette nouvelle structure, nous devrons mettre fin à la gratuité », a-t-il déclaré devant les parlementaires. Selon lui, les recettes générées par la vente des titres de transport devront permettre de couvrir les charges de fonctionnement, l’entretien des équipements et le renouvellement progressif du parc automobile. Dans une formule qui a suscité des réactions dans l’hémicycle, le chef de l’État a résumé sa position en une expression populaire : « En un mot, fini le ngori ! »

Derrière cette décision se cache une volonté plus large de réduire le poids des subventions publiques. Le gouvernement estime que l’État ne peut durablement financer seul un service dont les coûts d’exploitation augmentent continuellement. Cette orientation s’inscrit également dans une logique d’assainissement des finances publiques. À terme, l’objectif est que la future compagnie nationale dispose de ressources propres suffisantes pour fonctionner sans dépendre systématiquement du budget de l’État.

Un défi social pour les usagers

Si l’argument économique paraît recevable, la mesure pourrait néanmoins susciter des interrogations dans un contexte marqué par la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés de mobilité de nombreuses familles. Le succès de cette réforme dépendra donc de la capacité des autorités à proposer un service plus fiable, plus régulier et plus accessible. Car pour les usagers, accepter de payer davantage ne sera envisageable qu’à condition d’obtenir en retour un transport public moderne, sécurisé et performant. 

Après plusieurs décennies de difficultés, le gouvernement fait ainsi le pari d’un changement de modèle. Reste désormais à convaincre les populations que la fin du « ngori » sera synonyme d’un meilleur service plutôt que d’une charge supplémentaire pour leur budget.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

2 commentaires

  1. D’où lui viennent encore ces décisions qui crucifieraiteent davantage sa politique, déjà agonisante quand on sait que l’emploi est sous gel, l’habitat réservé aux actifs dont plusieurs cadres occupent plusieurs logements sociaux alors que l’État marque son ignorance en incitant une telle dérive ! Autant repartir à l’école pour connaître l’intérêt de construction de ces logements !
    Oui, l’on peut désormais affirmer la baisse significative du niveau cognitif d’un collège qui sacrifierait la tête pour se réjouir à moyen et bon terme d’un meilleur positionnement politique avenir : pathétique !
    ET comme le Prince pilote sans gouvernail, le bateau virevolte en conséquence au rythme des vagues… Et c’est ainsi que le Prince, plutôt que d’être le pêcheur, deviendrait la loi de son personnel : du jamais vu !

    Avec ce regard, la tension avec le peuple demeure certaine !

    La sanction est toujours subconséquente à la transgression des obligations normatives ! Ainsi dit, qu’à t-il offert à la poche des citoyens majoritairement laissés pour compte pour, recourir à ces sanctions financières sur un transport moralement compensateur d’une aumône de l’État ?

    Commencez d’abord à apporter des réponses aux attentes du peuple, notamment l’emploi… Appliquer violemment cette sanction pourrait bien réchauffer des coeur… Donc easy !!!

    Sans le savoir ni le vouloir, le Prince mènerait certainement la politique de l’autre !

    Bon vent !

    C’est Mystic, votre idiot utile… Mais jusqu’à quand ?
    Le temps nous le dira !

    1. Libérez Alain Claude Billy-Bi-Nze !
      Si votre collègue est nul et que son talent politique les dérange, qu’ils fassent comme lui !
      Nous n’avons pas nécessairement des mêmes perceptions politiques mais l’Agora permet de trancher à travers la force argumentative !
      Et comme certains auraient que des graines stériles dans leur crâne, s’insurgent-ils follement sur un contre-pouvoir légitime qui, dans les faits, pourrait finement critiquer les dérives de sa propre gouvernance !
      Libérez notre perroquet national, et ce, dans l’immédiat ! Sauf si la justice démontrerait une nième fois son caractère corruptible et conspirateur !
      Alain Claude Billy-Bi-Nze n’est pas en manque de cinq millions de francs CFA en sa qualité d’ancien ministre !
      Donc, cet alibi ressemble à la bouche de ceux qui l’évoquent !

      Vive l’agonie républicaine !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page