Gabon : Minlama propose une «Union sacrée de gouvernance» pour éviter l’échec de la Ve République
Face aux immenses attentes suscitées par la naissance de la Ve République, Dieudonné Minlama Mintogo estime que le président Brice Clotaire Oligui Nguema ne pourra réussir seul. Dans un entretien accordé à Échos du Nord, l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 plaide pour une « Union sacrée de gouvernance » associant forces politiques, syndicats, société civile et acteurs économiques autour d’un même objectif : réussir la refondation du Gabon.
Un an après l’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema, les défis demeurent immenses. Chômage, vie chère, crise de l’emploi, attentes sociales, réformes institutionnelles, diversification économique : les chantiers ouverts sont nombreux et les résultats attendus par les populations le sont tout autant.
Transformer l’adhésion populaire en responsabilité collective
C’est dans ce contexte que Dieudonné Minlama Mintogo appelle à dépasser les logiques partisanes traditionnelles pour bâtir ce qu’il qualifie d’« Union sacrée de gouvernance ». Une formule politique inédite qui viserait à transformer le soutien populaire exceptionnel dont bénéficie le chef de l’État en une véritable dynamique collective de transformation nationale.
Pour l’ancien opposant, le mandat obtenu par Brice Clotaire Oligui Nguema dépasse largement les frontières de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) ou de la majorité présidentielle. Il constitue avant tout un mandat confié par le peuple gabonais pour réformer durablement le pays. Selon lui, la réussite de cette mission nécessite l’implication de toutes les forces vives de la Nation. « Il faut construire un pacte national autour des réformes », défend-il.
Cette vision repose sur trois piliers majeurs : un pacte citoyen entre l’État et les populations, un pacte républicain garantissant la stabilité institutionnelle et un pacte politique favorisant le dialogue entre les différentes sensibilités nationales.
L’exemple de Mandela en toile de fond
Pour illustrer son approche, Dieudonné Minlama cite implicitement l’expérience sud-africaine portée par Nelson Mandela après la fin de l’apartheid. À ses yeux, les périodes de transformation profonde exigent davantage de rassemblement que de confrontation.
Dans cette architecture, la société civile, les syndicats, les organisations professionnelles, les leaders religieux et les acteurs économiques ne devraient plus être de simples observateurs, mais des partenaires de la gouvernance. L’objectif est clair : éviter que les réformes ne reposent uniquement sur l’appareil d’État et créer une adhésion durable autour des changements engagés.
La stabilité comme condition du succès
Au-delà de la proposition politique, Dieudonné Minlama lance un avertissement. Pour lui, aucune réforme structurelle ne peut aboutir dans un climat de tensions permanentes ou d’exclusion politique. La Ve République, estime-t-il, a besoin d’une stabilité durable pour produire des résultats tangibles. Une stabilité qui ne se décrète pas, mais qui se construit à travers le dialogue, l’inclusion et le partage des responsabilités.
À travers cet appel à une « Union sacrée de gouvernance », l’ancien candidat à la présidentielle pose ainsi une question fondamentale : le Gabon veut-il une alternance de camps politiques ou une mobilisation nationale autour d’un projet commun ? Pour Minlama, c’est de la réponse à cette interrogation que dépendra, en grande partie, le succès ou l’échec de la Ve République.










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