CHUL : 19 corps abandonnés à la morgue, le miroir d’une détresse sociale qui inquiète
Le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) a lancé un appel urgent aux familles de 19 défunts conservés dans son service de thanatopraxie depuis plus de six mois. Au-delà de la problématique hospitalière, cette situation met en lumière une réalité plus profonde : l’aggravation de la précarité sociale et l’incapacité croissante de certaines familles à assurer les obsèques de leurs proches.
C’est un appel qui en dit long sur les difficultés sociales que traverse une partie de la population gabonaise. Dans un communiqué publié le 2 juin 2026 dans les colonnes de L’Union, le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) a révélé conserver 19 corps non réclamés dans son service de thanatopraxie, certains identifiés, d’autres non.
Depuis plus de six mois, ces dépouilles attendent qu’un parent, un proche ou un membre de leur famille se manifeste. Une situation suffisamment préoccupante pour pousser l’établissement à lancer un avis public et à fixer un ultimatum au 15 juin prochain.
Quand la mort devient aussi une question de moyens
Derrière ces corps abandonnés se cachent souvent des drames silencieux. Dans un contexte marqué par la cherté de la vie, le chômage et la précarité économique, de nombreuses familles peinent désormais à supporter les coûts liés aux obsèques.
Transport du corps, conservation à la morgue, achat du cercueil, organisation des funérailles, restauration des invités : au Gabon, la mort représente parfois une charge financière que certains ménages ne peuvent plus assumer. À cela s’ajoutent les situations de rupture familiale, d’abandon ou encore l’absence de documents permettant d’identifier certains défunts.
Une alerte pour les autorités publiques
Au-delà de la saturation progressive des capacités de conservation du CHUL, cette situation interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’accompagnement social des familles les plus vulnérables. Car lorsqu’un hôpital se retrouve contraint de lancer un appel public pour que des corps soient récupérés, c’est toute une chaîne de solidarité qui semble s’être fragilisée.
Passé le délai du 15 juin 2026, le CHUL procédera à l’inhumation de ces dépouilles sous le régime des indigents. Une issue administrative nécessaire, mais qui rappelle avec brutalité qu’aujourd’hui, même le droit à une sépulture digne devient parfois un luxe inaccessible pour certains Gabonais.










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