Gabon : l’ONU alerte sur le rétrécissement de l’espace politique
Dans son dernier rapport sur l’Afrique centrale présenté devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) s’inquiète d’une tendance au recul des libertés civiles et politiques dans plusieurs pays de la sous-région. Le Gabon figure parmi les États cités, notamment en raison des restrictions d’accès aux réseaux sociaux, des débats autour du nouveau Code de la nationalité et de la détention de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Billie-By-Nze.
Alors que le Gabon s’est engagé dans une nouvelle phase institutionnelle avec l’avènement de la Ve République, les Nations Unies appellent à une vigilance accrue quant à la préservation des libertés publiques. Dans un contexte régional marqué par des crises sécuritaires et politiques, l’organisation estime que la consolidation de la stabilité passe également par le respect de l’espace démocratique.
Les inquiétudes des Nations Unies
Présentant le rapport de l’UNOCA devant le Conseil de sécurité, la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique, Martha Pobee, a évoqué une « tendance préoccupante à la multiplication des restrictions des droits civils et politiques » dans plusieurs pays d’Afrique centrale.
S’agissant du Gabon, le rapport mentionne notamment les restrictions observées sur les réseaux sociaux, les controverses entourant la réforme du Code de la nationalité ainsi que la situation judiciaire de l’ancien candidat à l’élection présidentielle, Alain-Claude Billie-By-Nze.
Préserver la confiance dans les institutions
Pour l’ONU, ces évolutions ne constituent pas seulement une question démocratique. Elles peuvent également avoir des conséquences sur la stabilité sociale et politique à long terme. L’organisation estime que la réduction des espaces de participation citoyenne risque d’alimenter les frustrations et d’affaiblir la confiance des populations dans les institutions.
Dans un environnement régional déjà fragilisé par la guerre au Soudan, les attaques terroristes dans le bassin du lac Tchad et plusieurs tensions politiques internes, les Nations Unies considèrent que le renforcement du dialogue politique et des libertés publiques demeure un levier essentiel pour prévenir l’émergence de nouvelles crises.
Pour le Gabon, ce rappel intervient à un moment où les autorités affichent leur volonté de bâtir des institutions fortes et durables. Un défi qui, selon l’ONU, passe aussi par la préservation des mécanismes démocratiques et de l’expression citoyenne.









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