Hôpital départemental de Fougamou : Des millions investis, des patients abandonnés
Inauguré en grande pompe en avril 2024 par le ministère de la Santé, l’hôpital départemental de Fougamou devait marquer le début d’une nouvelle ère sanitaire pour le chef-lieu de la Tsamba-Magotsi, dans la province de la Ngounié. Conçue pour remplacer un ancien centre médical devenu vétuste, cette structure moderne promettait de désenclaver la région sur le plan médical.
Grâce à des équipements récents et l’appui de médecins spécialistes, les usagers devaient enfin bénéficier de soins variés : gynécologie, stomatologie, biologie médicale, néonatalité, imagerie et service d’urgences. L’objectif était clair : offrir une prise en charge de proximité pour éviter aux habitants des évacuations coûteuses et périlleuses.
Pourtant, sur le terrain, le constat s’avère cinglant. Derrière sa façade de modernité, le complexe sanitaire s’est rapidement transformé en un véritable mouroir à ciel ouvert. L’entretien des lieux semble avoir été complètement délaissé. Dès l’entrée, de hautes herbes envahissent les abords des bâtiments, tandis que des ordures s’accumulent à même le sol. La détérioration précoce des infrastructures saute aux yeux : sous l’effet de l’humidité, la peinture des murs s’écaille et se couvre de cloques, donnant un aspect délabré à un établissement vieux de quelques mois à peine.
Pénuries en série et conditions d’exercice archaïques
Au-delà de cette déchéance matérielle, ce sont les dysfonctionnements internes qui compromettent la sécurité des usagers. L’hôpital souffre de ruptures critiques : absence d’oxygène, pénurie de produits pharmaceutiques de premiers soins et incapacité à gérer des pathologies aiguës telles que le diabète, l’hypertension ou de violentes céphalées. Le personnel soignant, contraint d’exercer dans des conditions d’un autre âge, se retrouve démuni face aux détresses médicales.
Des évacuations au prix fort pour les populations
Faute de soins adéquats sur place, l’évacuation vers les centres urbains de Mouila, Lambaréné ou Libreville reste la seule issue pour les malades. Mais cette solution a un prix écrasant. Les usagers doivent débourser entre 80 000 et 150 000 FCFA uniquement pour le transport en ambulance, une somme prohibitive pour la grande majorité des ménages.
L’urgence d’un suivi gouvernemental
Face à cette situation critique, l’incompréhension grandit au sein de la population. Si les pouvoirs publics et le ministère de la Santé ont multiplié les annonces triomphales lors de la réhabilitation du site, l’absence de suivi opérationnel menace aujourd’hui la vie des citoyens. Une intervention d’urgence s’impose pour restituer à cet hôpital sa vocation première : sauver des vies plutôt que d’en être le tombeau.









GMT TV
Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..
Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded
Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.
Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.