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Gabon : le PNTP dénonce la «séquestration illégale» de son récépissé par Adrien Nguema Mba

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Le Gabon traverse-t-il une crise de gouvernance administrative qui menace le pluralisme démocratique ? C’est la question posée avec force par Jean Rémy Yama, président du Parti national pour le travail et le progrès (PNTP). Lors d’un point de presse organisé à Libreville le samedi 13 juin 2026, le leader politique est sorti du silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de séquestration illégale du récépissé de modification de son parti par le ministère de l’Intérieur, un blocage qui dure depuis déjà six mois.

D’après les documents officiels présentés par l’ancien leader syndical, le dossier de modification des instances dirigeantes du parti a été déposé le 18 décembre 2025 par voie d’huissier. Malgré les textes de loi qui imposent la délivrance d’un récépissé sous quinze jours, le dossier est resté bloqué au sein des services du ministère de l’Intérieur, dirigé par Adrien Nguema Mba.

Pour Jean Rémy Yama, cette situation ne relève pas d’une simple lenteur bureaucratique. Le président du PNTP y voit une manœuvre ciblée visant sa personne et sa formation politique. « Au fond de tous ces atermoiements, une seule vérité est implacable et dérange : il y a une volonté politique délibérée de m’écarter moi , Jean Rémy Yama », a-t-il martelé face aux journalistes. Il a rappellé d’ailleurs que ce nouvel obstacle s’inscrit dans la lignée d’intrigues précédentes ayant mené à son éviction des scrutins présidentiel et législatifs passés.

Les exigences fermes du PNTP

Face à ce qu’il qualifie d’arbitraire, le parti a dressé une liste d’exigences immédiates. Jean Rémy Yama demande non seulement la délivrance sans condition de son récépissé, mais réclame également la démission du ministre de l’Intérieur et des hauts responsables de la Direction générale des Élections et des Libertés publiques (DGELP). 

S’appuyant sur le code de déontologie de la fonction publique, il insiste sur le fait que l’usager ne doit pas souffrir des défaillances de l’administration.

Un appel direct au chef de l’État

Le leader du PNTP a profité de cette tribune pour interpeller directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en l’exhortant à mettre en accord ses actes avec ses promesses de rupture vis-à-vis de l’ancien régime d’Ali Bongo. « Le PNTP ne vous demande pas une faveur. Il vous demande de faire appliquer la loi que vous avez vous-même promulguée », a-t-il lancé de manière incisive.

Le ton est donné : le PNTP refuse de céder face à ce qu’il qualifie de méthodes indignes d’un État de droit. « Pour cela, je veux être clair : nous ne lâcherons rien », a conclu Jean Rémy Yama, promettant de maintenir une mobilisation pacifique mais déterminée pour le respect de la légalité républicaine.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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