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Gabon : Yama dénonce une roublardise pour éviter un examen du Code de la nationalité au Parlement

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Le passage de Jean Rémy Yama, président du PNTP, dans l’émission « Le Canapé Rouge » ce lundi 13 avril 2026, n’est pas passé inaperçu. Invité à s’exprimer sur la promulgation du nouveau Code de la nationalité, texte qui cristallise les tensions au sein de l’opinion, l’ancien candidat aux élections locales a usé de mots forts, qualifiant la réforme d’« absurdité » tant sur la forme que sur le fond.

Pour Jean Rémy Yama, le premier problème est d’ordre procédural. Il pointe du doigt l’usage abusif de l’article permettant au président de la République de légiférer par ordonnance. « C’est la première fois qu’un Code est passé par une ordonnance », s’est-il étonné, rappelant que cet outil est normalement réservé aux situations d’urgence absolue durant l’intersession parlementaire.

Or, les dates interpellent : le texte a été adopté le 26 février dernier, soit à peine 72 heures avant la rentrée Parlementaire. Pour l’ancien syndicaliste, ce calendrier n’est pas le fruit du hasard. L’objectif serait d’éluder un véritable examen parlementaire au profit d’une procédure de ratification expéditive. « On veut précipiter les choses, on veut cacher des choses », a-t-il martelé, dénonçant une manœuvre visant à « occulter » le débat de fond.

Un risque majeur pour la cohésion sociale

Au-delà de la méthode, Jean Rémy Yama s’inquiète des répercussions sociales de ce texte qu’il juge contradictoire. Pour lui, la citoyenneté ne peut être traitée comme un simple dossier administratif, car elle touche au « vivre-ensemble » et à la stabilité du pays. En créant des distinctions entre les nationaux, l’État s’exposerait, selon lui, à une instabilité durable et au risque de fabriquer des apatrides.

Face au « lever de boucliers » de la société civile, Jean Rémy Yama appelle à un débat public transparent. Selon lui, le Gabon de demain, celui des 50 prochaines années, ne peut se construire sur des textes législatifs fragiles, adoptés « au pas de course » et susceptibles d’être défaits par les administrations futures. Un avertissement clair lancé au sommet de l’État.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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