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Riziculture : Le Gabon mise sur trois nouvelles variétés pour briser sa dépendance

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Grâce au programme de coopération KAFACI, le Gabon a récemment homologué des semences capables de tripler les rendements habituels. Une offensive agronomique majeure pour alléger une facture d’importation devenue insoutenable.

Selon des informations officielles relayées par l’Agence gabonaise de presse (AGP), les autorités ont homologué trois nouvelles variétés de riz à très forte valeur ajoutée. Développées dans le cadre du second volet de l’Initiative de coopération entre la Corée et l’Afrique pour l’alimentation et l’agriculture (KAFACI), ces semences locales promettent de bouleverser durablement le paysage agricole national.

Des performances exceptionnelles pour la production locale

Baptisées Cheyi, Mboma et Moukafaci-1, ces trois variétés bousculent les standards habituels de production. D’après des données partagées par le média The Korea Times, elles affichent un potentiel de rendement oscillant entre 7 et 8 tonnes par hectare. 

Pour mesurer la portée de cette avancée scientifique, il suffit de la comparer à la moyenne africaine, qui stagnait à peine à 2,4 tonnes par hectare en 2024. C’est donc une production plus de trois fois supérieure qui s’annonce désormais dans les plaines gabonaises.

Une stratégie de déploiement d’envergure nationale

Loin de rester cantonnée aux laboratoires, cette révolution verte s’organise déjà sur le terrain à travers un plan de déploiement rigoureux. Actuellement, les chercheurs nationaux s’activent à multiplier une première base de neuf tonnes de semences de pré-base.

Parallèlement, quatre-vingts experts techniques reçoivent des formations poussées aux méthodes culturales modernes afin d’encadrer au mieux le monde rural. Pour la phase pilote du projet, ce ne sont pas moins de 1 100 agriculteurs, structurés au sein de 60 coopératives à travers tout le territoire, qui piloteront la mise en culture de ces nouvelles variétés.

L’urgence économique d’une souveraineté retrouvée

Cette transition vers une riziculture intensive répond à une urgence financière devenue pressante pour l’État. Les chiffres récents du ministère de l’Agriculture révèlent en effet une trajectoire préoccupante : en 2025, le Gabon a importé plus de 95 000 tonnes de riz. La facture globale s’est élevée à 41 milliards de FCFA, marquant une explosion spectaculaire par rapport aux 8 milliards de FCFA enregistrés en 2019.

À travers le déploiement à grande échelle du programme KAFACI, l’ambition des autorités est double : soulager de manière pérenne les finances publiques en réduisant la dépendance extérieure, tout en garantissant des revenus substantiels aux producteurs locaux. Un pas de géant vers la consolidation de la souveraineté alimentaire nationale.

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