Gabon : entre congrès et tournées nationales, les partis bientôt rattrapés par la régularisation administrative
À moins d’un mois de l’échéance du 27 juin 2026, les partis politiques poursuivent leurs activités de terrain et leurs restructurations internes, tout en étant confrontés à une importante obligation de mise en conformité administrative. Promulguée le 27 juin 2025, la loi n°016/2025 relative aux partis politiques impose notamment la présentation d’au moins 10 000 adhérents répartis dans les neuf provinces, la justification d’un siège social, d’un compte bancaire, d’une comptabilité régulière ainsi que le respect des instances statutaires. Malgré cette échéance déterminante, plusieurs formations multiplient les congrès afin de consolider leur organisation. Le week-end écoulé, l’Alliance patriotique (AP) a ainsi renouvelé sa confiance à Raymond Ndong Sima lors de son congrès ordinaire, tandis que le Rassemblement d’Éveil Gabonais pour l’Action, la Restauration et le Développement (REGARD) de Mathias Otounga tenait son congrès extraordinaire à Akanda. De son côté, le RPG entend réunir ses militants samedi.
Toutefois, derrière cette activité soutenue, les interrogations demeurent nombreuses quant à la capacité réelle de certaines formations à satisfaire aux nouvelles exigences légales. Le principal obstacle reste la démonstration d’un socle de 10 000 adhérents identifiés par leur Numéro d’Identification Personnelle (NIP). Pour plusieurs partis, le défi apparaît considérable, au point de faire planer l’incertitude sur leur avenir juridique dès le lendemain de l’échéance fixée par le législateur.
Des situations contrastées à l’approche du 27 juin
Tous les partis ne se présentent en effet pas avec les mêmes atouts dans cette phase de régularisation. L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), formation du chef de l’État, et le Parti démocratique gabonais (PDG), ancien parti au pouvoir, semblent disposer d’une assise organisationnelle suffisante pour franchir cette étape sans difficulté. À l’inverse, d’autres formations demeurent dans l’attente. RÉAGIR, dirigé par Michel Ongoundou Loundah, a récemment dénoncé ce qu’il considère comme une menace de disparition programmée pour plusieurs partis. Quant à l’UDIS d’Hervé Patrick Opiangah, elle affirme avoir transmis au ministère de l’Intérieur un dossier comprenant plus de 12 000 fiches d’adhésion, désormais en cours d’examen.
L’incertitude concerne également des partis comme l’Union nationale ou encore le Rassemblement pour la patrie et la modernité, partis alliés au pouvoir en place, dont l’avenir administratif reste difficile à anticiper. Plusieurs scénarios se dessinent ainsi à l’approche du 27 juin 2026. Certains partis pourraient obtenir leur régularisation et poursuivre normalement leurs activités ; d’autres pourraient être frappés d’une interdiction conservatoire conformément à l’article 73 de la loi ; enfin, les formations qui ne se conformeraient pas aux exigences dans le délai supplémentaire de deux mois risqueraient de perdre définitivement leur statut légal. En attendant, les congrès, les campagnes d’adhésion et les tournées nationales se poursuivent, chacun cherchant à consolider sa base militante avant une échéance qui pourrait profondément redessiner le paysage politique gabonais.









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