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Gabon : chute libre de 96 % des financements multilatéraux en 2026

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Un chiffre inédit interpelle dans la dernière note d’évaluation de l’agence Fitch Ratings : le plan de financement du budget rectificatif 2026 du Gabon accuse une baisse drastique de 96 % des décaissements provenant des bailleurs publics. Comme le souligne une analyse publiée par le média financier Sika Finance, ce repli spectaculaire témoigne d’un changement d’ère et d’une mise en pause concrète des flux financiers traditionnels entre Libreville et ses partenaires institutionnels.

L’explication majeure de ce blocage réside dans le blocage des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). En effet, la plupart des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, à l’instar de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD) ou de l’Agence française de développement (AFD), conditionnent le déblocage de leurs prêts à un cadre macroéconomique validé par le FMI.

En l’absence de ce programme d’appui financier, le robinet des crédits dits concessionnels, à des taux très avantageux, s’est quasiment tari. Et ce, malgré la présence de conventions de prêt déjà existantes et formellement inscrites dans la loi de finances rectificative gabonaise.

Le basculement contraint vers des marchés privés et coûteux

Face à ce ralentissement des guichets multilatéraux, l’État gabonais s’est trouvé contraint d’activer d’autres leviers financiers pour couvrir ses besoins de trésorerie. Libreville s’est ainsi orienté vers des emprunts commerciaux et des transactions privées, beaucoup plus rapides à mobiliser mais infiniment plus onéreux.

Cette réorientation s’est matérialisée par des opérations financières de gré à gré à des coûts élevés, telles que le prêt négocié auprès du négociant Trafigura ou le recours à un placement privé affichant un taux d’intérêt exigeant de 12,6 %. Loin d’un simple choix de facilité, ce virage apparaît comme la conséquence directe de l’accès restreint aux concours budgétaires classiques.

Apurement des arriérés : la priorité absolue pour restaurer la confiance

Dans ce contexte sous tension, Sika Finance rapporte que Fitch Ratings met l’accent sur l’urgence d’un apurement des arriérés extérieurs et de la poursuite des audits de la dette publique. Libreville s’engage désormais dans une véritable course contre la montre : le pays doit parvenir à restaurer la crédibilité financière de sa signature auprès des institutions internationales avant que le coût élevé de sa dette commerciale ne pèse trop lourdement sur la trajectoire économique nationale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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