Gabon : à l’universités, la jeunesse s’entasse, l’État regarde ailleurs
Amphithéâtres bondés, salles de cours saturées, infrastructures vieillissantes, déficit d’enseignants. De Libreville à Franceville en passant par Owendo, les universités publiques gabonaises donnent de plus en plus l’image d’un système arrivé à saturation. Une situation qui interroge la capacité de l’État à préparer l’avenir d’une jeunesse toujours plus nombreuse.
Chaque année, des milliers de nouveaux bacheliers franchissent les portes de l’enseignement supérieur avec l’espoir de construire leur avenir. Mais une fois sur les campus, la réalité est souvent bien différente. À l’Université Omar Bongo (UOB), à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) ou encore à l’Université des Sciences de la Santé (USS), la surcharge des effectifs est devenue le quotidien.
Le constat est désormais partagé par tous : les infrastructures ne suivent plus la croissance du nombre d’étudiants. Les amphithéâtres débordent, les salles de travaux dirigés affichent complet et les enseignants sont contraints de gérer des promotions toujours plus importantes dans des conditions souvent difficiles.
Une bombe démographique que personne ne veut voir
Le problème n’est plus uniquement celui de l’UOB, longtemps présentée comme le symbole des difficultés universitaires du pays. L’USTM et l’USS subissent elles aussi une pression croissante. Dans les faits, les universités gabonaises ne forment plus seulement. Elles gèrent la pénurie. Pénurie d’espaces, pénurie d’équipements, pénurie d’enseignants et parfois même pénurie de moyens pédagogiques.
Pendant que les discours officiels célèbrent la modernisation du système éducatif, les étudiants continuent de suivre des cours dans des conditions qui rappellent parfois l’urgence permanente plutôt qu’une véritable politique de développement universitaire.
Former la jeunesse ou gérer la saturation ?
La question est désormais politique. Comment prétendre bâtir une économie compétitive sans investir massivement dans ceux qui devront la porter demain ? Le Gabon compte parmi les pays les moins peuplés d’Afrique. Pourtant, ses principales universités donnent déjà le sentiment d’être au bord de l’asphyxie. Cette contradiction devrait interpeller les autorités.
Car derrière chaque étudiant entassé dans un amphithéâtre surchargé se cache un futur ingénieur, médecin, juriste ou enseignant. Continuer à repousser les investissements dans l’enseignement supérieur, c’est prendre le risque de compromettre la qualité de la formation nationale. La saturation universitaire n’est plus un simple dysfonctionnement. Elle est devenue un signal d’alarme. Et l’histoire montre qu’aucun pays ne peut durablement construire son développement en négligeant sa jeunesse.









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