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CNSM : l’extension toujours attendue, les malades mentaux errants livrés à eux-mêmes

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Le Centre national de santé mentale (CNSM) de Melen, situé dans le 5è arrondissement de Libreville, ne dispose depuis sa création en 1995 que de 100 places d’hospitalisation. Une capacité largement insuffisante au regard des besoins, qui contribue à laisser de nombreux malades mentaux sans prise en charge adaptée. Dans les rues de la capitale, certains déambulent ainsi totalement livrés à eux-mêmes, exposés aux dangers et parfois au regard indifférent des passants. Face à cette situation persistante, une question fondamentale se pose, jusqu’à quand la santé mentale sera-t-elle reléguée au second plan par les pouvoirs publics ?

Cette réalité reflète plus que jamais la défaillance du système de santé gabonais. En effet, les plaintes des populations concernant l’accueil dans les établissements publics et la qualité de la prise en charge des patients sont récurrentes. Malgré les rappels à l’ordre incessants des différents ministres qui se sont succédé à la tête du département de la santé, les difficultés persistent et continuent d’alimenter le mécontentement des usagers.

Une capacité d’accueil toujours insuffisante

Sur le plan de la santé mentale, la situation demeure particulièrement préoccupante. Et pour cause, l’insuffisance de places au CNSM est connue depuis plusieurs années, mais l’extension de cette structure semble toujours attendre. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère la santé mentale comme une composante essentielle du bien-être général. Dès lors, comment expliquer qu’aucune solution durable n’ait encore été trouvée pour renforcer les capacités d’accueil du principal établissement public spécialisé, alors que les troubles psychiques touchent de plus en plus de personnes ?

La digitalisation du secteur de la santé constitue certes une avancée importante, mais elle ne devrait pas occulter les besoins fondamentaux des structures existantes. Après plus de trois décennies d’existence, le CNSM ne compte toujours que 100 places d’hospitalisation, tandis que des hommes et des femmes souffrant de troubles mentaux continuent de circuler dans les rues de Libreville, parfois dans des conditions de grande vulnérabilité et sous le regard des enfants. Cette situation interpelle sur la place accordée à la santé mentale dans les priorités publiques.

La réaction de l’Etat très attendu

Alors que l’État a engagé ou réalisé plusieurs projets dans différents secteurs, la question de l’extension du CNSM reste posée. Le paiement des bourses scolaires, les mesures relatives à l’arrimage et à la revalorisation des pensions ou encore la reconstruction de la Cité de la démocratie montrent que des moyens peuvent être mobilisés lorsque les priorités sont définies. Les regards se tournent donc vers les autorités, notamment vers la ministre de la Santé, le Pr Elsa Joséphine Ayo epse Bivigou. La ministre prendra-t-elle à cœur le dossier de l’extension du CNSM et de la prise en charge des malades mentaux errants ? La question reste posée.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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