L’ancien ministre du Commerce, Yves Fernand Manfoumbi, invite le Gabon à saisir pleinement les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Selon lui, ces deux instruments constituent un tournant stratégique pour l’intégration économique du continent, à condition que les États, les banques et les entreprises accélèrent leur adaptation.
L’intégration économique africaine ne pourra produire ses effets qu’à la condition de lever les obstacles qui freinent encore les échanges commerciaux entre les pays du continent. C’est la conviction défendue par Yves Fernand Manfoumbi dans une tribune consacrée aux enjeux de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Pour l’ancien ministre du Commerce, l’Afrique a longtemps orienté ses échanges vers les marchés extérieurs, au détriment du commerce intra-africain. Une situation qui, selon lui, a ralenti l’industrialisation des économies africaines, limité la création d’emplois et entretenu une dépendance vis-à-vis des partenaires étrangers.
Le PAPSS, un accélérateur des échanges régionaux
Si la ZLECAF ouvre progressivement les frontières commerciales, Yves Fernand Manfoumbi estime que cette ambition ne pourra se concrétiser sans un système de paiement performant. C’est précisément le rôle que doit jouer le PAPSS, désormais déployé dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sous l’impulsion de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Selon lui, ce dispositif permet de simplifier les transactions commerciales entre opérateurs africains en autorisant des paiements directs en monnaies locales, évitant ainsi le recours systématique aux banques correspondantes situées hors du continent. « Avec le PAPSS, les paiements peuvent se faire directement en monnaies locales, plus vite, à moindre coût et avec plus de sécurité », souligne-t-il.
L’ancien ministre considère que cette évolution constitue un levier majeur pour renforcer les échanges au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), où le commerce intrarégional demeure encore relativement limité.
Faire du Gabon une plateforme régionale
Au-delà de la réforme des systèmes de paiement, Yves Fernand Manfoumbi estime que le Gabon dispose d’atouts importants pour devenir un acteur majeur de cette nouvelle dynamique économique. Il cite notamment les infrastructures portuaires du pays, la structuration de son système bancaire ainsi que sa position géographique au cœur de l’Afrique centrale. Selon lui, ces avantages pourraient permettre au Gabon de s’imposer comme une plateforme régionale dans les domaines du commerce, de la logistique, des services financiers et de la transformation industrielle.
Pour atteindre cet objectif, il appelle toutefois à une mobilisation des pouvoirs publics et du secteur privé. Les entreprises devront être accompagnées dans leur intégration aux nouveaux mécanismes de paiement, les banques commerciales invitées à adopter rapidement le PAPSS, tandis que les administrations devront poursuivre les réformes destinées à simplifier les procédures administratives et commerciales.
Enfin, Yves Fernand Manfoumbi estime que la refondation engagée au Gabon ne saurait être uniquement institutionnelle. Elle doit également s’appuyer sur une transformation économique profonde, fondée sur la production locale, la création de valeur et une insertion plus forte du pays dans les chaînes de valeur africaines.
Pour l’ancien ministre, la ZLECAF et le PAPSS constituent deux instruments complémentaires capables de renforcer la souveraineté économique du continent. « Le Gabon ne doit pas subir cette transformation. Il doit en être un acteur central », conclut-il.









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