Gabon : 800 milliards FCFA engagés par le gouvernement dans la bataille de l’électricité
Confronté à une crise énergétique qui affecte aussi bien les ménages que les entreprises, le gouvernement gabonais affirme avoir engagé plus de 800 milliards de FCFA dans le développement de nouvelles capacités de production électrique. Lors de son discours sur l’état de la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a détaillé les investissements en cours, tout en reconnaissant que les résultats attendus nécessiteront encore plusieurs années.
L’électricité demeure l’un des principaux défis du développement économique et social du Gabon. À Libreville comme dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, les délestages récurrents continuent de perturber le quotidien des populations, de fragiliser les activités économiques et d’alimenter le mécontentement des usagers.
Face à cette situation, le chef de l’État a voulu rappeler l’ampleur des investissements engagés depuis le début de la Transition. Selon lui, l’État et ses partenaires financiers ont déjà mobilisé plus de 800 milliards de FCFA pour la mise en œuvre de centrales thermiques sur l’ensemble du territoire national. Une enveloppe qui traduit la volonté des autorités de renforcer durablement la capacité de production énergétique du pays.
Un plan d’urgence pour soulager les populations
Conscient que les nouvelles infrastructures nécessitent du temps avant leur mise en service, le président de la République a également annoncé des mesures de court terme. Parmi elles figure l’arrivée d’un bateau énergétique capable d’injecter 150 mégawatts supplémentaires dans le réseau national.
Cette solution provisoire vise à réduire la pression sur les installations existantes et à limiter les délestages les plus sévères. « Afin de soulager la détresse du peuple gabonais face à cette problématique énergétique, nous avons fait venir un bateau énergétique capable de fournir 150 mégawatts supplémentaires », a indiqué le chef de l’État.
Des infrastructures lourdes qui exigent du temps
Au-delà des annonces, le président a insisté sur une réalité technique souvent méconnue du grand public. Selon lui, la construction d’une centrale thermique à gaz nécessite généralement entre trois et quatre années de travaux, tandis qu’un barrage hydroélectrique requiert jusqu’à six années de réalisation, après plusieurs années d’études préalables.
Cette précision vise à expliquer pourquoi les investissements engagés aujourd’hui ne produiront pas immédiatement tous leurs effets. Elle témoigne également du choix stratégique du gouvernement de privilégier une augmentation durable des capacités de production plutôt que des solutions ponctuelles.
Réformer la SEEG pour sécuriser les investissements
Pour l’exécutif, la crise énergétique ne relève pas uniquement d’un déficit de production. Le président a également pointé les problèmes de gouvernance de la SEEG, les actes de fraude, les branchements illicites, le vol de câbles et le sabotage des équipements qui fragilisent le réseau national. C’est dans ce contexte que le gouvernement envisage une réforme structurelle du secteur, avec la séparation des activités de production, de distribution et de commercialisation de l’électricité. Un chantier qui devra accompagner les investissements massifs déjà engagés.
Au-delà des chiffres annoncés, l’enjeu est désormais de transformer ces milliards investis en une amélioration tangible de la qualité de service. Car pour les populations comme pour les entreprises, la véritable mesure du succès restera la fin des coupures qui freinent encore le développement du pays.










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