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Réforme foncière : la Coalition pour la nouvelle République dénonce un «permis de spolier»

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La réforme foncière récemment ratifiée par le Parlement gabonais continue de susciter une vague d’indignation au sein de l’opposition. Lors d’une prise de parole ferme, Vincent Moulengui Boukosso, président de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), est monté au créneau pour exiger une révision en profondeur de l’ordonnance n°006/PR-2026 du 26 février 2026. Selon le chef de l’opposition, ce cadre législatif fragilise le citoyen face à l’accaparement des terres.

Au cœur de la colère de la CNR figure le caractère désormais inattaquable des titres de propriété. Alors que la Constitution garantit le droit à la propriété, la nouvelle législation en pervertit l’esprit en fermant la porte aux recours juridiques, y compris face aux pires abus. 

« Les articles 75 et 116 confèrent au titre foncier un caractère définitif, irrévocable et inattaquables, y compris lorsqu’il a été obtenu d’une manière frauduleuse », s’est insurgé Vincent Moulengui Boukosso, déplorant le rejet par la commission mixte paritaire des mécanismes d’annulation votés initialement par l’Assemblée nationale.

L’agonie des droits coutumiers et des communautés locales

Pour la coalition, le texte piétine l’héritage ancestral des peuples autochtones du Gabon. Des communautés de l’Estuaire comme les Sekiani, Benga, Pongwe, Akélé ou Fang se retrouvent de facto dépossédées de leurs territoires au profit d’intérêts financiers et d’acquéreurs étrangers. 

« Au regard de la résurgence d’attributions frauduleuses des terres à des étrangers et de l’absence d’un cadre juridique crédible pour s’en défendre, le peuple gabonais s’inquiète et s’interroge », prévient le président de la CNR, dénonçant un climat où règne désormais « la loi du plus fort ».

Drames humains sur le terrain

Sur le plan social, les dérives de ce texte se traduisent déjà par une violence directe sur les populations. La CNR pointe du doigt plusieurs scandales récents à Libreville, illustrant les failles du système. Du quartier Batterie 4 au Cap Estérias, des citoyens défendant leurs parcelles et leurs tombes familiales ont été expulsés ou agressés. L’un de ces affrontements s’est même soldé par la mort d’un Gabonais luttant à mains nues pour son terrain.

L’urgence d’une révision nationale

Face à ce qu’elle qualifie de « capharnaüm généralisé », la coalition appelle le gouvernement à faire machine arrière pour éviter une crise sociale d’envergure. « Les reculades, les tergiversations et les manquements observés attestent de la légèreté et de la précipitation avec lesquelles les décisions sont prises au détriment du peuple gabonais », a conclu le chef de la CNR, martelant qu’il devient impératif de repenser le droit foncier pour protéger en priorité les autochtones et la justice sociale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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