Eurobond : le Gabon prépare une levée de 857 milliards de FCFA
Selon des informations relayées par le média économique Sika Finance, le Gabon planifie un retour d’envergure sur le marché obligataire international. Le Projet de Loi de Finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026, adopté en Conseil des ministres et actuellement examiné par l’Assemblée nationale, dévoile une ambition claire : émettre un Eurobond de 857,8 milliards de FCFA, soit l’équivalent d’environ 1,5 milliard de dollars.
Cette levée de fonds, prévue sur une maturité de dix ans, marque un changement de cap mémorable dans la diplomatie financière du pays. Si le Gabon est un habitué des marchés internationaux, il s’était jusqu’ici tourné vers des géants anglo-saxons comme JP Morgan, Citigroup ou Deutsche Bank pour structurer ses opérations passées. Cette fois-ci, les autorités gabonaises bousculent leurs habitudes.
C’est en effet l’établissement français Société Générale qui aurait été choisi comme banque arrangeuse pour piloter cette émission d’envergure. Ce repositionnement met en lumière la volonté de Libreville de diversifier ses partenaires de marché tout en s’appuyant sur un acteur historiquement ancré en Afrique centrale.
Des conditions encore confidentielles
Pour l’heure, le ministère de l’Économie cultive une certaine discrétion. Les détails techniques de l’emprunt, qu’il s’agisse du taux d’intérêt, du calendrier exact de l’émission ou de l’allocation précise des fonds, n’ont pas encore été dévoilés au public. Pour que cette ligne budgétaire devienne réalité, le texte doit franchir l’étape de la validation parlementaire auprès de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Le défi de la crédibilité financière
Ce retour sous les projecteurs de la finance mondiale représente un test grandeur nature pour le pouvoir en place. L’histoire du Gabon avec les Eurobonds est ancienne, ponctuée de levées majeures en 2007, 2013 et 2015. Cependant, la dernière opération de 2021 avait été suivie d’un défaut partiel en 2023, en pleine transition politique.
La réussite de cette nouvelle émission sera donc un signal déterminant pour les investisseurs. Elle devra prouver la normalisation financière du pays, tout en renforçant les discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Le marché observe, et les conditions finales de l’emprunt dépendront grandement de la perception du risque souverain gabonais dans les mois à venir.










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