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Ebola en RDC : l’OIM alerte sur les risques de fermeture des frontières

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L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé ce 2 juin 2026 un appel pressant aux gouvernements et à leurs partenaires afin de renforcer la coordination transfrontalière face à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo, une forme d’Ebola, qui touche actuellement la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la RDC recense 321 cas confirmés, 116 cas suspects et 48 décès, tandis que l’Ouganda a signalé neuf cas confirmés et un décès. Face à cette situation, l’OIM insiste sur la nécessité d’une réponse régionale concertée pour limiter la propagation du virus.

L’organisation met particulièrement en garde contre les fermetures de frontières décidées dans l’urgence. Si ces mesures visent à freiner la circulation du virus, elles risquent selon l’OIM de produire l’effet inverse. « Les virus ne s’arrêtent pas aux frontières, et notre riposte ne devrait pas non plus s’y arrêter », a déclaré Ugochi Daniels, directrice générale adjointe chargée des opérations. L’agence estime que les restrictions de circulation ne stoppent pas les déplacements des populations mais les déplacent vers des itinéraires informels, échappant largement aux dispositifs de contrôle sanitaire.

Des frontières fermées, un risque accru de transmission

La fermeture des postes frontaliers officiels pourrait ainsi avoir des conséquences majeures sur la gestion de l’épidémie. En poussant les voyageurs à emprunter des routes clandestines, ces mesures réduisent la capacité des autorités à effectuer le dépistage sanitaire, le traçage des contacts et la surveillance épidémiologique. Les données collectées par l’OIM sur plusieurs points de passage entre la RDC et l’Ouganda montrent que la mobilité transfrontalière se poursuit malgré les restrictions. Cette invisibilisation des mouvements de population augmente le risque de transmission non détectée, notamment dans les zones frontalières où les échanges quotidiens sont essentiels au commerce, aux revenus des ménages et à l’accès aux services de base.

L’est de la RDC est confronté à des conflits persistants et à d’importants déplacements de population, avec près de 922 000 personnes déplacées en Ituri, épicentre de la flambée. L’OIM souligne que les communautés vivant dans les sites de déplacement et les régions frontalières disposent souvent d’un accès limité aux soins de santé, à l’eau potable et aux services essentiels. Dans ce contexte, l’organisation plaide pour un renforcement des opérations sanitaires aux frontières, de la surveillance des maladies et de l’engagement communautaire, et appelle à des financements supplémentaires pour éviter que les restrictions de mouvement ne compromettent davantage les efforts de lutte contre Ebola.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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