Gabon : Oligui Nguema dit niet à l’accueil de migrants expulsés par les Etats-Unis
La pression migratoire exercée par la Maison-Blanche se heurte à un mur diplomatique inattendu en Afrique centrale. Alors que l’administration du président americain Donald Trump multiplie les initiatives pour accélérer les procédures d’expulsion des sans-papiers, le Gabon vient d’opposer une fin de non-recevoir formelle à un projet d’accord bilatéral portant sur la gestion et l’accueil des migrants expulsés du territoire américain.
Le positionnement de Libreville témoigne d’une diplomatie décomplexée, capable de distinguer les affinités interpersonnelles des intérêts stratégiques supérieurs de la nation. S’exprimant sans détour sur sa relation avec le locataire de la Maison-Blanche et sur ce dossier sensible, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, dans une interview accordé à la chaîne d’information en continue France 24, a tenu à clarifier la situation.
« Le président Trump est une personnalité que j’apprécie beaucoup. Néanmoins, nous ne sommes pas tombés d’accord sur la question des migrants expulsés par Washington. Le Gabon n’est pas disposé à parapher cet accord, car il ne correspond pas à nos intérêts. », a-t-il confié sans sourciller.
Cette décision marque un coup d’arrêt pour la stratégie extérieure américaine, qui cherche à nouer des partenariats avec des pays tiers pour externaliser la gestion ou le transit des personnes éloignées de son sol.
La primauté de l’intérêt national
En refusant d’entrer dans ce dispositif, le gouvernement gabonais évite de surcharger ses propres structures administratives et sécuritaires, déjà fortement mobilisées par les défis politiques internes et les chantiers de la Vème République. Pour Libreville, les priorités actuelles se concentrent sur la scène nationale, la relance de l’économie et la préparation des prochaines échéances électorales.
En fixant cette ligne rouge, le pouvoir gabonais envoie un message clair à ses partenaires occidentaux : la coopération et l’amitié politique ne se feront jamais au détriment de la souveraineté ou de la stabilité sociale du pays.









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