A La UneDerniers articlesECONOMIE

Cosmétique de luxe : pourquoi LVMH s’intéresse de près à l’huile de Moabi du Gabon

Ecouter l'article

C’est un accord stratégique qui s’apprête à redéfinir les circuits d’approvisionnement du luxe français. D’ici la fin du mois de juin 2026, l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (Agadev) et le géant mondial LVMH doivent signer un protocole d’accord historique. Selon les informations révélées par Africa Intelligence, la firme aux 87 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024 cherche ainsi à garantir son accès aux produits forestiers gabonais. Ces matières premières naturelles haut de gamme viendront directement alimenter ses plus prestigieuses maisons de parfumerie et de cosmétique, à l’instar de Guerlain, Parfums Christian Dior et Givenchy.

L’attrait de LVMH pour le bassin du Congo ne date pas d’hier. Dès mars 2023, lors du One Forest Summit co-organisé à Libreville par les chefs d’État français et gabonais, le groupe avait posé ses premiers pions en lançant l’initiative « Cosmetopeia ». Doté d’un budget de 500 000 euros, ce programme vise à financer la recherche sur les ressources cosmétiques locales. 

Parmi les trésors végétaux identifiés se distingue notamment l’huile de Moabi. Extraite des graines du Baillonella toxisperma, cette ressource est mondialement prisée par l’industrie pour ses vertus hydratantes et cicatrisantes hors pair.

Une course contre la montre environnementale

Au-delà de l’intérêt purement commercial, ce partenariat répond à une urgence de calendrier pour le leader du luxe. Dans le cadre de sa feuille de route environnementale « LIFE 360 », LVMH s’est fixé un objectif de taille : certifiée 100 % de ses matières premières stratégiques d’ici la fin de l’année 2026, selon des normes strictes de préservation des écosystèmes. 

Le Gabon, dont le territoire est recouvert à 88 % par la forêt, s’impose comme le partenaire idéal pour documenter ce sourcing durable auprès des régulateurs et des marchés financiers.

Un cadre institutionnel strict

Pour Libreville, c’est l’Agadev qui mène les discussions. L’agence fait office d’autorité nationale compétente pour appliquer le Protocole de Nagoya, un cadre international strict garantissant l’accès aux ressources génétiques et le partage équitable des bénéfices avec les communautés locales. Elle pilote également le Comptoir Maivou, véritable guichet unique pour les produits forestiers non ligneux. 

Si la structure de l’accord est solide, les modalités financières exactes ainsi que les volumes d’approvisionnement envisagés demeurent, pour l’heure, confidentiels.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page