CHU Mère et Enfants : accoucher devient un luxe pour des familles
Lors de l’audition de la ministre de la Santé à l’Assemblée nationale le 4 juin 2026, les députés ont soulevé une préoccupation qui résonne dans de nombreux foyers gabonais : le coût élevé des consultations, des hospitalisations et des accouchements dans certains établissements publics, notamment au Centre hospitalier universitaire Mère-Enfant Fondation Jeanne Ebori (CHUMEFJE). Une réalité qui interroge sur l’accessibilité même du droit à la santé.
Pendant que les autorités s’attèlent à régulariser le statut juridique de plusieurs structures sanitaires publiques, les patients, eux, continuent de faire face à une autre urgence : celle de pouvoir se soigner sans être étranglés financièrement.
À l’Assemblée nationale, ce sont les députés eux-mêmes qui ont mis le doigt sur une colère silencieuse qui monte dans les quartiers populaires. Celle de familles contraintes de reporter des soins, de solliciter des proches ou de lancer des collectes de fonds pour faire face à des dépenses médicales devenues insoutenables.
Le cas du CHUMEFJE est particulièrement révélateur. Présenté comme une référence nationale en matière de santé maternelle et infantile, l’établissement est régulièrement pointé du doigt pour le coût de certaines prestations jugées excessives par de nombreux usagers.
Le paradoxe d’un hôpital public devenu inaccessible
Comment expliquer qu’un établissement public financé en partie par les ressources nationales puisse être perçu comme inaccessible par une partie des populations qu’il est censé servir ? La question mérite d’être posée. Car derrière les statistiques et les discours institutionnels se cachent des réalités parfois douloureuses. Des femmes enceintes retardent leur suivi médical faute de moyens. Des familles s’endettent pour assurer une hospitalisation. D’autres renoncent tout simplement à certaines prestations pourtant indispensables. Cette situation apparaît d’autant plus préoccupante que le Gabon affirme vouloir renforcer la couverture sanitaire universelle et améliorer l’accès aux soins pour tous.
La problématique dépasse largement le seul CHUMEFJE. Elle renvoie à une interrogation plus profonde sur le modèle économique des structures hospitalières publiques. Comment parler de justice sociale lorsque le coût des soins devient un facteur d’exclusion ? Comment promouvoir la protection de la mère et de l’enfant lorsque certaines familles redoutent davantage la facture que l’accouchement lui-même ? Les députés ont eu le mérite de porter cette question au cœur du débat public. Car derrière les textes de loi examinés et les réformes administratives annoncées, les Gabonais attendent avant tout des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes. Dans un pays où les autorités affichent leur volonté d’améliorer les conditions de vie des populations, l’accès aux soins ne devrait jamais devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Il devrait demeurer un droit effectif pour tous. Et c’est sans doute là le véritable défi auquel est confronté aujourd’hui le système de santé gabonais.










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