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CEMAC : le Gabon, pays avec le crédit bancaire le plus cher de la sous région 

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Emprunter de l’argent au Gabon relève désormais du parcours du combattant financier. Selon des données récentes de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), relayées par le quotidien L’Union, le pays se détache nettement de ses voisins régionaux avec des coûts de financement qui battent des records. Au quatrième trimestre 2025, le taux de crédit moyen y a grimpé à 21,06 %, contre 12,60 % le trimestre précédent, consolidant sa position de pays le plus cher de la zone Cémac.

Bien que ce taux de 21 % marque un léger recul par rapport au pic historique de 26,04 % enregistré fin 2024, la facture reste structurellement prohibitive. À titre de comparaison, les entreprises et ménages des pays frontaliers respirent un peu mieux. Durant la même période, le Cameroun affichait un taux de 8,38 %, le Congo 10,66 %, tandis que le Tchad fermait la marche avec un bien plus abordable 6,49 %.

Comme le souligne L’Union, cette flambée générale dans la sous-région découle directement du relèvement des taux directeurs de la BEAC en décembre 2025, une mesure macroéconomique destinée à freiner l’inflation, mais qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des agents économiques locaux.

Le poids exorbitant des frais annexes

L’un des principaux enseignements de cette analyse réside dans la composition fine du coût du crédit. Le Taux effectif global (TEG), qui mesure le coût réel d’un prêt, révèle une anomalie gabonaise : les charges et commissions diverses représentent pas moins de 43,16 % du coût total du crédit. 

Dans le reste de la Cémac, cette moyenne s’établit plutôt autour de 31,75 %. Dossiers, assurances, garanties et taxes viennent ainsi gonfler artificiellement une addition déjà salée pour les usagers locaux.

Un marché bancaire hyper-concentré

Tous les emprunteurs ne subissent pas cette pression de la même manière. Si le TEG moyen pour les PME a reculé pour s’établir à 18,27 %, les particuliers continuent de payer le prix fort avec des taux débiteurs moyens qui frôlent parfois les sommets.

Pour les observateurs financiers cités par le journal, cette situation critique s’explique en grande partie par un cruel manque de concurrence. Le secteur bancaire gabonais est ultra-concentré : BGFIBank s’accapare plus de 50 % des parts de marché, suivie par l’Union gabonaise de banque (UGB), tandis que les autres établissements peinent à franchir le seuil des 10 %. Un duopole de fait qui laisse peu de marge de manœuvre aux clients pour négocier.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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