CEMAC : La BEAC baisse ses taux directeurs pour stimuler l’investissement
Réuni à Yaoundé ce lundi 29 juin 2026 pour sa deuxième session ordinaire de l’année, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a pris des décisions fortes. Sous la présidence d’Yvon Sana Bangui, Gouverneur de l’institution financière, le comité a choisi d’insuffler de l’oxygène à l’économie régionale en abaissant ses principaux taux directeurs, un signal clair d’assouplissement face aux mutations de la conjoncture macroéconomique.
Ce virage stratégique s’inscrit dans un contexte mondial caractérisé par une décélération de l’activité. En effet, comme le souligne le communiqué officiel, « le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance économique mondiale revenant à 3,1 % en 2026, contre 3,4 % en 2025, en raison notamment des tensions géopolitiques ».
Au sein de la zone CEMAC, la trajectoire s’avère comparable avec une croissance régionale projetée à 3,2 %, en léger repli par rapport aux 3,4 % affichés l’année dernière. Toutefois, la solidité des indicateurs extérieurs offre à la banque centrale la marge de manœuvre nécessaire pour agir sur le levier monétaire.
Les réserves de change devraient ainsi progresser pour représenter 4,72 mois d’importations de biens et services, tandis que « le taux de couverture extérieure de la monnaie s’établirait à 70,7 %, après 65,2 % en 2025 ».
L’allègement des taux pour dynamiser le crédit
Afin de soutenir activement le tissu économique sous-régional, la BEAC a résolument opté pour la détente. Au terme des analyses, « le Comité de Politique Monétaire a décidé d’abaisser le Taux d’Intérêt des Appels d’Offres de 4,75 % à 4,50 % » et de ramener conjointement « le Taux de la facilité de prêt marginal de 6,25 % à 5,75 % ». En réduisant le coût du loyer de l’argent pour les banques commerciales, l’institution espère fluidifier le financement des entreprises et stimuler l’investissement.
Parallèlement, les exigences de liquidité imposées aux institutions financières ont été allégées. Le CPM a ainsi acté la baisse « des coefficients des réserves obligatoires de 7,00 % à 6,50 % sur les exigibilités à vue ». Seul le taux de la facilité de dépôt est resté de marbre, « maintenu à 0,00 % ».
À travers ce savant équilibre entre vigilance face à une inflation maîtrisée à 2,4 % et soutien à la relance, la BEAC capitalise sur le redressement des finances publiques des États membres, dont le déficit budgétaire global devrait reculer de manière spectaculaire à 1,9 % du PIB.









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