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CECA-GADIS : derrière les accusations de licenciement abusif, une entreprise en lutte pour sa survie

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Contestés devant la justice par 35 anciens salariés, les licenciements économiques opérés par CECA-GADIS continuent d’alimenter le débat social. Pourtant, selon les éléments publiés par L’Aube dans son édition n°444 du vendredi 12 juin 2026, la procédure engagée par le leader gabonais de la grande distribution aurait respecté l’ensemble des exigences prévues par le Code du travail. Au-delà du contentieux juridique, l’affaire met surtout en lumière les difficultés d’un groupe confronté depuis plusieurs années à une profonde dégradation de son environnement économique.

Depuis plusieurs semaines, une trentaine d’anciens employés des enseignes Gaboprix et CK2 Libreville contestent devant les juridictions compétentes les licenciements économiques prononcés en mars 2026. Par l’intermédiaire de leur conseil, ils dénoncent notamment une absence d’autorisation administrative régulière, un défaut d’information et une insuffisance de concertation sociale. Pourtant, les documents consultés et publiés par L’Aube dressent une chronologie différente.

Une procédure encadrée par l’administration du travail

Selon l’hebdomadaire, les représentants du personnel ont été réunis dès le 12 février 2026 pour examiner le projet de restructuration. Le Pôle national pour la promotion de l’emploi (PNPE) a été saisi dans le cadre de l’élaboration du plan social tandis qu’une seconde réunion de concertation s’est tenue le 23 février.

Le 24 février, CECA-GADIS a officiellement déposé auprès de la Direction provinciale du Travail de l’Estuaire une demande d’autorisation portant sur 159 collaborateurs. Après examen du dossier, l’administration a délivré son accord le 10 mars 2026. Au regard des dispositions des articles 71 à 75 du Code du travail gabonais, la société estime donc avoir respecté l’ensemble des obligations légales.

Une restructuration dictée par les réalités économiques

Derrière le volet juridique se cache surtout une situation financière préoccupante. D’après les chiffres relayés par L’Aube, Gaboprix aurait enregistré une perte nette de plus de 5,3 milliards de FCFA en 2024, tandis que CK2 Libreville affichait un déficit supérieur à 400 millions de FCFA.

Face à cette dégradation, la direction affirme avoir engagé depuis plusieurs années une politique de réduction des charges : fermeture de magasins déficitaires, baisse des dépenses de fonctionnement, réduction des coûts liés au personnel expatrié et limitation des investissements. L’objectif affiché était d’éviter un scénario plus radical : celui d’un effondrement du groupe et de la disparition de milliers d’emplois.

Isabelle Essonghe, la gestionnaire d’une période sous tension

Dans son analyse, L’Aube met également en avant le rôle de l’administrateur directeur général Isabelle Essonghe. Depuis plusieurs années, celle-ci multiplie les alertes sur les difficultés structurelles rencontrées par le secteur de la distribution moderne au Gabon. Les déclarations publiques accordées à L’Union en novembre et décembre 2025 avaient déjà annoncé la nécessité de restructurer certains segments du groupe afin de préserver sa viabilité.

Reste désormais à la justice de trancher le différend qui oppose CECA-GADIS à ses anciens salariés. Mais une question demeure : dans un contexte économique de plus en plus contraint, comment préserver l’emploi sans mettre en péril la survie même des entreprises qui le créent ?

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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