Zone CEMAC : un virage économique délicat avant la reprise espérée
Les dernières projections de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), relayées par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), dessinent une année 2025 en demi-teinte pour la zone CEMAC. Entre essoufflement pétrolier et maîtrise de l’inflation, la sous-région se prépare à une phase de transition avant une consolidation attendue dès 2026.
Selon le dernier cadrage macroéconomique, la croissance sous-régionale devrait ralentir pour s’établir à 2,4 % en 2025, contre 2,7 % en 2024. Ce coup de frein s’explique par la conjonction de deux facteurs : une activité non pétrolière moins dynamique que prévu soit 3,0 % et, surtout, une récession accentuée dans le secteur des hydrocarbures, dont la production devrait chuter de 1,2 %.
Le reflux de l’inflation : une bouffée d’oxygène
Seule véritable lueur d’espoir pour le pouvoir d’achat des ménages : le ralentissement marqué des prix. L’inflation, qui culminait à 4,1 % en 2024, a reflué spectaculairement à 2,2 % en 2025, repassant ainsi sous le seuil communautaire de 3 %. Cette tendance à la désinflation devrait se stabiliser durablement autour de 2,4 % sur la période 2026-2028.
Toutefois, la prudence reste de mise concernant les finances extérieures. La baisse des cours mondiaux du brut et le recul des volumes exportés pèsent lourdement sur le compte courant, qui basculerait d’un léger excédent en 2024 vers un déficit de 2,9 % du PIB en 2025.
Parallèlement, les réserves de change s’effritent. Le taux de couverture extérieure de la monnaie est tombé à 67,0 % fin 2025, contre près de 75 % un an plus tôt. De même, les réserves exprimées en mois d’importations de biens et services passeraient de 4,87 à 4,25.
Cap sur 2026 : Le pari de la diversification
Malgré ce passage à vide, les perspectives à moyen terme (2026-2028) incitent à un optimisme prudent. Les services de la BEAC anticipent une « période de consolidation » avec une croissance robuste de 4,6 % dès 2026.
Cette résilience annoncée repose sur un pilier stratégique : la diversification économique. Les efforts consentis dans les secteurs agricole, minier et manufacturier devraient enfin porter leurs fruits, permettant aux six pays membres de réduire leur dépendance aux chocs pétroliers.
Si les soldes extérieurs restent fragiles, les finances publiques devraient demeurer viables, avec un déficit budgétaire contenu à 1,0 % du PIB en moyenne sur la période. Le moteur du crédit à l’économie (+10,4 %) devrait, quant à lui, soutenir ce renouveau productif tant attendu.









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