Tsamba-Magotsi : la route Oyenano–Sindara abandonné sous le regard indifférent des autorités
Transformé en un immense bourbier impraticable, l’axe Oyenano–Sindara paralyse l’économie du département de Tsamba-Magotsi et isole des communautés entières. Face aux promesses sans lendemain des autorités, l’exaspération collective atteint aujourd’hui un point de non-retour.
La route Oyenano–Sindara, véritable colonne vertébrale du département de Tsamba-Magotsi, n’est plus seulement difficile d’accès : elle est désormais le symbole frappant d’un abandon institutionnel que les usagers ne s’expliquent plus. Depuis plusieurs jours, les fortes précipitations ont achevé de métamorphoser ce tronçon stratégique en un marécage de boue, coupant totalement la circulation et condamnant de nombreux villages à un isolement dramatique.
Ce spectacle de désolation est malheureusement loin d’être inédit. À chaque saison des pluies, le même scénario se répète inlassablement. Les habitants tirent la sonnette d’alarme, les transporteurs expriment leur colère et les opérateurs économiques haussent le ton. Pourtant, selon les constats rapportés par Fougamou Actu, la réponse étatique semble figée dans un protocole stérile : visites officielles rassurantes, promesses de réhabilitation et séances de photographies sur le terrain, suivies d’un mutisme absolu dès le départ des délégations. Face à cette inertie, une interrogation légitime s’impose désormais : à quoi bon multiplier les constats si aucune action pérenne n’est entreprise ?
Une région laissée pour compte depuis des décennies
La région de Tsamba-Magotsi est pourtant loin d’être un territoire marginal ou dépeuplé. Ce bassin de vie dynamique abrite d’importantes communautés ainsi que des joyaux du patrimoine historique et touristique national, à l’instar de la célèbre mission Notre-Dame des Trois Épis de Sindara. Malgré ces atouts majeurs, l’état catastrophique de la chaussée laisse le sentiment amer que cette portion de la province de la Ngounié a été purement et simplement rayée de la carte des priorités de l’État.
Les conséquences économiques de ce délabrement sont en effet désastreuses. Les nombreuses entreprises forestières implantées dans la zone dépendent exclusivement de cet axe pour acheminer leur production vers le port de Libreville et les marchés internationaux. Aujourd’hui, chaque camion immobilisé dans la boue et chaque cargaison bloquée représentent des pertes financières colossales, devenant un handicap majeur pour un secteur déjà fragilisé par les fluctuations des cours mondiaux.
Le projet de bitumage d’Oyenano–Sindara est évoqué depuis des décennies. Entre annonces de budgets mystérieusement réaffectés et éternelles études préliminaires, les populations ont l’impression d’assister à un feuilleton sans fin. La vraie question n’est plus de savoir quand débuteront les travaux, mais si la volonté politique existe réellement pour sortir définitivement la Ngounié de son enclavement chronique.









GMT TV