Retour du Gabon dans l’AGOA : fruit du processus de démocratisation
Suspendu du programme AGOA après le Coup de Libération d’août 2023, le Gabon se trouve réintégré par l’administration Donald Trump au sein de l’AGOA (African Growth and Oppotunity Act) trois ans après et précisément le 19 mai 2026. Cette réintégration montre que le Gabon est en train de revenir dans le giron de concertation et d’intégration des nations du monde après son Coup de la Libération. En effet, la réintégration du Gabon dans l’Union Africaine, lors de son 39ème Sommet tenu du 12 au 14 février 2026, avait déjà acté le grand retour du Gabon dans les institutions supranationales. Près de 3 mois plus tard, une autre grande institution commerciale (AGOA), le reçoit dans le système de mondialisation, c’est-à-dire l’ensemble des mécanismes qui connectent, économies, sociétés, cultures et politiques à l’échelle mondiale.
Définition de l’AGOA
L’AGOA est cette Loi sur la croissance et les opportunités des Etats-Unis, promulguée en 2020 qui définit un programme commercial permettant à certains pays d’Afrique subsaharienne d’exporter vers les Etats-Unis sans droits de douane sur plus de 6800 produits. L’objectif étant d’encourager la croissance économique en Afrique via le commerce plutôt que l’aide, et renforcer les liens USA-Afrique.Pour renforcer cette définition, une étude de Simon Mevel et al portant sur Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique de 2015, écrit : « En conséquence, l’Afrique jouit d’un excellent accès au marché américain pour ses exportations, avec une protection moyenne inférieure à 1%, alors que les pays africains qui ne sont pas éligibles à l’AGOA, doivent supporter presque 2% en protection sur leurs exportations vers les USA. Les pays éligibles ont un bien meilleur accès au marché américain, avec des barrières douanières dont la moyenne ne dépasse pas les 0.15%. Au-delà d’un meilleur accès au marché obtenu par les pays africains exportant vers les USA, la priorité de l’AGOA, comme l’indique la loi, est la « promotion d’une croissance et d’un développement économiques en Afrique subsaharienne stables durables ».
Critères d’adhésion
Pour en bénéficier, le pays doit respecter certains critères sur la gouvernance, les droits de l’homme, l’économie de marché et la lutte contre la corruption. Les USA peuvent suspendre un pays s’il ne respecte plus ces critères. Alix Lavoué du Journal Macroéconomie dit : « créée en 2000 sous l’administration Clinton, l’AGOA ne repose pas uniquement sur des critères commerciaux. Pour bénéficier des exemptions douanières américaines, les pays africains doivent démontrer des avancées en matière de « gouvernance », « de droits humains », « de lutte contre la corruption » ou encore « de respect des institutions démocratiques ».
Autrement dit et comme renchérit un interlocuteur de l’Ambassade des Etats-Unis au Gabon joint au téléphone : « Les USA s’interdisent de faire des affaires avec des Etats brigands ou voyous et ceux dont la souveraineté est problématique. L’AGOA est ce groupe de pays pouvant donc faire des affaires avec les USA et exempté d’un certain nombre de taxes. Tout pays faisant partie de l’AGOA devrait avoir une commission AGOA et devrait avoir un cachet qui permet aux douaniers américains de laisser passer les produits des pays amis dans cet espace. Il faut donc une commission de l’AGOA composée des douaniers des pays amis, de hauts dignitaires qu’il faut chercher à créer ».
Le parallèle avec l’affaire Juridique Alain Claude Bilié-By-Nze
Dans un article publié le 17 avril 2026, publié dans le Journal Le Temps, intitulé : « Affaire Alain Claude Bilié-By-Nze contre Baba Ramatou : Savoir dissocier droit privé et affaires politiques », nous disions en substance que cette affaire relève du privé entre deux justiciables et que le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema n’avait aucun intérêt à chercher à incarcérer son principal opposant puisque le processus de démocratisation qu’il poursuit est observé par les instances internationales. La manière de traiter les opposants dans un pays est un critère de démocratie et, donc un critère de considération et de (re)intégration dans les institutions démocratiques internationales pourvoyeuses d’aide au développement. Nous chutions en affirmant que l’on ne peut pas scier la branche sur laquelle on est assis.
Le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, le sait. Il a mené sa transition rapidement et de manière presque parfaite, selon Gaulme et Melly, parce qu’il a besoin de l’extérieur et surtout de l’Occident pour légitimer son action et surtout recevoir des subventions pour le développement du pays.La même question revient toujours : Pourquoi sacrifierait-il la réintégration du Gabon dans le système de la mondialisation pour voir son principal opposant en prison ? Il aurait décidé de ranger de côté l’ambition de mettre le Gabon dans les rails de la démocratisation et risquer les foudres des bailleurs de fonds pour mettre un homme en prison qui pourrait sortir dès le lendemain avec une bonne défense ? Sans être moraliste et en affirmant ne pas être devin, il y a quand même une dose de rationalité à avoir dans nos analyses. Autrement dit, il est difficile de sacrifier l’intégration du pays dans les instances internationales au profit de la condamnation d’un homme avec comme conséquence la souffrance de tout un peuple.
Alain Claude Bilié-Bi-Nze a été interpellé le 15 avril 2026 et l’acte de ré(intégration) du Gabon dans l’AGOA a été signé le 19 mai 2026. Les USA qui observent de près la question des droits de l’homme, de la démocratisation…pour exclure ou intégrer un pays de l’AGOA ont eu donc 3 mois pour investir et comprendre ce qui se passait et surtout savoir si le Gabon violait les droits de l’homme dans cette affaire. Les USA, vielle démocratie, ne vont pas fouler leurs principes de démocratie pour faire plaisir à certains. Si à ce moment précis, le Gabon est réintégré dans l’AGOA, c’est parce que comme l’a dit l’interlocuteur de l’Ambassade des Etats-Unis, le Gabon est en train de remplir les critères de démocratisation, des droits de l’homme, d’Etat de droit et de lutte contre la corruption. Au vu des faits, reconnaissons que le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema a pris son bâton de pèlerin depuis la Transition pour tourner le monde afin de donner une image reluisante du Gabon. Ces différentes réintégrations dans les instances supranationales qui tiennent beaucoup aux questions de l’Etat de droit et à des droits de l’homme montrent, comme on le dit communément, que la mayonnaise prend.
Les enjeux
● Accès au marché américain : Les entreprises gabonaises bénéficient d’un avantage concurrentiel direct pour exporter des produits clés hors pétrole, notamment le bois transformé, le manganèse, et divers produits issus de l’agro-industrie.
● Création d’emplois : L’exportation vers un marché à fort pouvoir d’achat stimule la transformation locale des matières premières, favorisant la création d’emplois pour les PME et le développement des filières industrielles structurées.
● Attrait pour les investisseurs : Le label AGOA rassure les investisseurs internationaux qui souhaitent implanter des usines au Gabon pour transformer les matières premières locales avant de les exporter vers le marché américain.
● Levier diplomatique : Cette réintégration marque la normalisation des relations avec Washington et renforce la crédibilité internationale du Gabon auprès des investisseurs institutionnels américains.
● Contrepoids géopolitique : Dans un contexte de rivalité commercial intense entre les Etats-Unis et la Chine, l’AGOA permet au Gabon d’équilibrer ses partenariats commerciaux en évitant une dépendance économique exclusive vers l’Asie.Notre interlocuteur de l’Ambassade des Etats-Unis résume la situation : « Le Gabon pourra mettre sur le marché un certain nombre de produits gabonais estampillés qui seront sur le réseau des Etats-Unis et des autres pays composant l’AGOA. Présentement les produits gabonais coutent chers car n’étant pas exemptés de certaines taxes. Or les produits couteraient moins chers s’ils ont le sceau de l’AGOA et deviennent ainsi plus compétitifs. Par exemple lorsque le pétrole du Gabon est acheminé aux USA, il est frappé d’une taxe douanière qui est répercuté sur le prix de vente final. En revanche, si le pétrole gabonais est estampillé AGOA, il est vendu au prix du marché et il se mesure à d’autres produits de la même gamme ».
Nous le voyons, les faits parlant d’eux-mêmes, le Gabon est en train de poursuivre sa marche vers la démocratisation, vers l’avenir, vers le développement. En le (ré)intégrant dans leurs espaces, les institutions supranationales le priment du prix de bon élève de la Démocratie. L’homme, ténor de ce travail, le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui écrit son nom dans le livre de l’histoire des nations. Cet honneur ne peut être troqué contre la poursuite juridique arbitraire d’un opposant avec comme conséquence de faire basculer le pays dans les abysses de la tyrannie sous laquelle le Président de la République, Chef de l’Etat nous a sorti et a pris tous les risques du monde. Toute raison gardée, il y’ a des risques qu’il vaut mieux ne pas prendre.
Dr. Fortuné Matsiegui Mboula










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