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PLFR 2026 : les prévisions de croissance du Gabon contredites par la BAD

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Le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 présenté par le gouvernement revoit fortement à la baisse les ambitions économiques du Gabon. Alors que la loi de finances initiale tablait sur une croissance de 6,5 %, les nouvelles prévisions ramènent désormais cette estimation à 4 %. Libreville justifie cette révision par un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les recommandations du FMI et de la CEMAC, ainsi que par la nécessité de préserver les équilibres budgétaires. Malgré ce ralentissement, les autorités assurent que l’économie restera soutenue par le dynamisme du secteur hors pétrole, attendu à +4,4 %, et par une hausse de la production pétrolière et minière.

Le gouvernement met également en avant plusieurs hypothèses favorables pour soutenir cette trajectoire, notamment une augmentation de 3,1 % de la production pétrolière, un prix du baril gabonais porté à 75 dollars et une progression de la production d’or de 100 %. Toutefois, ces perspectives positives sont contrebalancées par une forte baisse des investissements publics, ramenés à 1 169 milliards FCFA contre plus de 2 137 milliards FCFA prévus initialement. Cette réduction est liée à la déprogrammation de plusieurs projets faute d’études de faisabilité, tandis que les charges de la dette continuent d’augmenter.

La BAD plus prudente sur les perspectives gabonaises

De son côté, la Banque africaine de développement (BAD) affiche une vision beaucoup plus prudente pour l’économie gabonaise. Dans son rapport publié en mai 2026, l’institution panafricaine prévoit une croissance de seulement 2,7 % pour le Gabon en 2026, bien en dessous des 4 % annoncés dans le PLFR. La BAD estime que les économies africaines restent exposées aux tensions géopolitiques mondiales, à la volatilité des prix des matières premières et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.

L’institution souligne également les risques liés à l’endettement croissant, à la pression inflationniste et à la fragilité des finances publiques dans plusieurs pays producteurs de pétrole. Pour la BAD, même si la hausse des cours du pétrole peut temporairement soutenir les recettes du Gabon, elle ne suffit pas à garantir une croissance forte et durable. Des réformes structurelles sont nécessaires à savoir, une meilleure mobilisation des recettes internes, davantage de discipline budgétaire et une diversification accélérée de l’économie afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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